Quadia, Unexo Capital Investissement et Océan Participations font leur entrée au capital des Coteaux nantais qui poursuivent leurs investissements sur le nouveau site de Remouillé. C’est là qu’ils lancent une activité de maraîchage et s’apprêtent à acquérir un nouveau verger de 30 ha.
Leader de l’arboriculture en biodynamie, les Coteaux nantais viennent de réaliser une levée de fonds de 5 millions d’euros : auprès du suisse Quadia pour 3 millions d’euros, et d'Unexo Capital Investissement (filiale du Crédit agricole) et Océan participations (filiale du Crédit mutuel océan) pour 1 million d’euros chacun. "Ces trois partenaires entrent dans le capital de la société à hauteur de 35 %. Avec mes deux associés historiques Michel Delhommeau et Robert Dugast nous conservons la majorité de 65 %, étant moi-même l’actionnaire de référence à hauteur de 50 %", précise Benoît Van Ossel, président-directeur général des Coteaux nantais.
Cette levée de fonds intervient un an après l’implantation de sa nouvelle filiale de transformation de fruits (pâteux et jus) Cototerra à Remouillé au sud de Nantes, un investissement de 6,5 millions d’euros (lire ci-contre). "Elle va permettre de renforcer nos fonds propres et de finaliser les investissements à Remouillé, notamment l’automatisation des chaînes d’emballage et la modernisation de la chaîne de production de jus", poursuit Benoît Van Ossel. Au-delà, elle va également permettre à la société d’acquérir, à moins de 20 km de Remouillé, un nouveau verger d’une trentaine d’hectares spécialisé dans la culture de pommes à jus (variété hautes tiges) et destinées à la transformation (produits pâteux : purée, confiture, compote et gelée). "D’ici quatre à cinq ans, ce verger nous apportera entre 750 et 850 tonnes de pommes supplémentaires", annonce-t-il.
Chiffre d’affaires en hausse et diversification maraîchère
Fin août, les Coteaux nantais ont bouclé l’exercice 2017-2018 sur un chiffre d'affaires de 20,4 millions d’euros, en progression de 4,6 %, une évolution modérée en comparaison des années précédentes, due à de mauvaises récoltes 2017 qui ont pénalisé la vente des fruits frais. "En revanche, nos ventes de produits transformés en épicerie ont progressé de 12,6 % et représentent désormais 46 % de notre activité totale", explique Benoît Van Ossel. Pour l'exercice 2018-2019 en cours, suite à un été très sec et chaud, les récoltes s’annoncent moyennes, à environ 75 % d’un rendement normal, tout au moins dans les pays d’Europe du Sud, France incluse, alors qu’elles sont très bonnes dans la moitié Nord de l’Europe, notamment en Allemagne et au Benelux.
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Alors qu’elle poursuit ses démarches pour trouver de nouveaux partenaires, notamment labélisés Demeter, et ses recherches pour lancer de nouvelles variétés fruitières (le catalogue propose déjà 44 variétés de pommes, 8 de poires et de fraises), la PME de 139 salariés vient de lancer, sur son site de Remouillé, une activité de maraîchage. Cette activité qui regroupe une quarantaine de variétés de légumes, est destinée à alimenter les circuits courts de distribution, notamment ses deux magasins de Vertou et du marché de Talensac à Nantes, Kerbio, société spécialisée dans la livraison de paniers bio et Provinces Bio, grossiste basé au MIN de Nantes (+ de 11 millions d’euros de chiffre d'affaires). À noter que Kerbio, qui livre en moyenne 700 paniers par semaine dans la métropole nantaise, connaît une forte progression de son activité, en hausse de 25 %. Benoît Van Ossel reconnaît d’ailleurs qu’il est difficile de satisfaire la demande.
Investir pour amélirer la productivité
L'an dernier grâce à un investissement de 6,5 M€, les Coteaux nantais ont regroupé leurs activités sur un seul et même site au Sud de Nantes. Auparavant, le groupe était implanté au Min de Nantes pour la transformation des fruits en pâteux et à Vertou (au sud de Nantes) pour la production des jus, pétillants et autres vinaigres et devait donc transporter des containers d'un site à l'autre. Ce financement a été assuré par emprunt auprès de quatre de ses sept partenaires financiers habituels (Crédit Mutuel, Crédit Agricole, CIC Ouest et Banque Populaire du Grand Ouest) et grâce au soutien de la BPI pour 1 M€.
Un investissement qui a également permis au groupe de se doter d'outils de production de dernière génération, "afin d'améliorer la qualité organoleptique de nos produits et de gagner en productivité", expliquait à l'époque Benoît Van Ossel. L'acquisition d'une presse Bucher notamment permettait l'extraction de 86 à 89% du jus de pomme, contre 78% précédemment, soit un gain supplémentaire de 80 000 à 85 000 litres par an par rapport au rendement de la précédente presse.