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Bovin Les cours en viande bovine se détendent légèrement

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Depuis deux semaines, les cotations régionales sont dans l’ensemble en hausse de 0,02 à 0,1€/kg, selon les productions. Explications.

En viande bovine, les cotations sont plutôt à la hausse depuis deux semaines même s’il ne s’agit que de quelques centimes (+0,02€/kg à +0,1€/kg). Dans certaines régions de cotation, comme en Pays de Loire, cette hausse atteint même 0,1€/kg, toutes catégories (vaches, génisses, bœufs, jeunes bovins) et conformations confondues. D’autres régions de cotation suivent ce mouvement haussier : la Bourgogne Franche-Comté, le Sud-Ouest Midi-Pyrénées, le Limousin… Les abatteurs ont donc accepté dans certains cas de faire passer la hausse, même si les négociations avec la grande distribution restent lettre morte. Le contexte est effectivement un peu plus porteur. Mais comme le souligne Bernard Joly, président de la section bovine de la Fédération des syndicats d’exploitants agricoles de Saône-et-Loire, « cette légère hausse des cotations doit se traduire concrètement ». Selon lui, l’impact auprès des éleveurs se fera sentir « d’ici quinze jours à trois semaines », particulièrement pour ceux sous contrat.

Moins de jeunes bovins sur le marché

La Fédération nationale bovine (FNB) constate aussi ce mouvement positif des cours, particulièrement en jeunes bovins. Et l’Institut de l’élevage confirme. « Les inventaires de la base de données nationale d’inscription (BDNI) d’août suggèrent un creux dans l’offre de fin d’année », commentent Mélanie Richard et Caroline Monniot du département économie de l’Institut. Ce creux est lié à la baisse des naissances de veaux de races à viande début 2009 du fait de la fièvre catarrhale ovine et à des exports maintenus malgré tout en maigre vers l’Italie fin 2009/début 2010. Les jeunes bovins en France seraient donc actuellement moins nombreux alors que la demande resterait stable. Les prix « se détendent » donc légèrement. Cette tendance devrait, selon l’Institut de l’élevage, perdurer jusqu’à la fin de l’année.

Peu de concurrence des vaches laitières de réforme

Pour la FNB, sur toute la France, les génisses gagnent en moyenne 0,02 à 0,03€/kg et les vaches de 0,01 à 0,03€/kg. Les vaches laitières de réforme ne viennent effectivement pas ou peu concurrencer les vaches allaitantes car le prix du lait est meilleur. Les éleveurs laitiers, ayant déjà beaucoup réformé leur troupeau, auraient plutôt tendance, selon tous les interlocuteurs, à ne pas décapitaliser. En bovins maigres, selon la note de conjoncture Tendances d’octobre, « le commerce du mois de septembre avec l’Italie semble avoir été relativement fluide malgré la pression des acheteurs ». Ces derniers cherchent en effet à préserver leur marge malgré la hausse du prix de l’aliment du bétail. Une offre plus limitée a sans doute freiné aussi la baisse des prix. Concernant les exportations de viande bovine, la FNB avait une « inquiétude » à propos de la Grèce et de l’Italie, mais la légère érosion du marché a été compensée par une augmentation des exportations vers l’Allemagne. En parallèle, la consommation se tient même si « les consommateurs se rabattent sur des morceaux moins nobles », conclut Bernard Joly.

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