Rachetée en 2009 par Régis Boiron, la société Les Craquelins de Saint-Malo poursuit son déploiement sur le territoire national, mais vise aussi l’export aux USA et en Europe. Un investissement de 200 000 euros va notamment permettre d’améliorer la productivité.
Depuis qu’il a repris l’entreprise Les Craquelins de Saint Malo en 2009, Régis Boiron (issu de la famille propriétaire des Vergers Boiron) n’a de cesse de faire connaître ces petits pains soufflés typiques, au-delà de leur périmètre régional. Créée en 1923, la société Les Craquelins de Saint-Malo partage aujourd’hui son activité à 50/50 entre les craquelins et la pâtisserie surgelée à destination de la restauration commerciale, auprès de groupes comme Pomona ou encore Even. Régis Boiron entend conserver cette proportion « grâce à un développement parallèle de ces deux activités complémentaires ». Alors que les craquelins jouent sur le côté terroir et les valeurs diététiques (sans sucre, sans sel, sans conservateur, sans colorant), la pâtisserie et les entremets surgelés, positionnés sur des marchés très concurrentiels, se démarquent par l’innovation produits. Vendus depuis l’origine dans le grand Ouest, les craquelins se trouvent maintenant dans certains Monoprix et Système U à Paris. Et « nous sommes en contact avec Carrefour et Intermarché pour augmenter la diffusion à Paris », indique Régis Boiron, qui souligne que les ventes en ligne connaissent une forte croissance (+20 % cette année) avec environ 220 000 colis envoyés par an.
Régis Boiron estime aussi que « c’est par l’export que nous allons continuer à développer nos deux activités ». Une stratégie qui n’en est encore qu’à ses balbutiements avec deux agents commerciaux, l’un aux USA et l’autre en Europe continentale pour couvrir l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie notamment. Labellisée entreprise du patrimoine vivant en 2014, Les Craquelins de Saint-Malo bénéficie à ce titre non seulement « d’une reconnaissance de notre travail », souligne Régis Boiron, mais aussi « d’un soutien à l’export des pouvoirs publics, par le biais notamment de conditions préférentielles pour participer à des salons à l’étranger qui répondent bien à la spécificité de nos produits ». L’objectif du patron des Craquelins de Saint-Malo est de réaliser 1 million d’euros de chiffre d’affaires à l’étranger à un horizon de quatre ans, sur un total de 5 millions escomptés. En 2015, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 3,3 millions d’euros (contre 2 millions d’euros lors de la reprise en 2009) en hausse de 8 % par rapport à 2014. Régis Boiron qui table sur 3,5 millions d’euros de facturations cette année, précise que la société est rentable. Elle compte 37 salariés, après 4 recrutements récents.
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Après agrandissement du site en 2012, la société a procédé en 2016 à un investissement par endettement bancaire, de 200 000 euros en matériel (découpe jet d’eau et four de cuisson). Ce four destiné aux craquelins, dont la recette n’a pas changé depuis le Moyen-Age, permet une cuisson à 300° pendant 10 heures. « D’une production de 120 000 craquelins par jour, ce four devrait permettre de passer à 150 000 par jours », indique Régis Boiron. Côté pâtisserie/entremets, la société produit environ 150 t par an.
Les Craquelins de Saint-Malo consacre environ 50 et 60 000 euros par an à sa R & D. L’équipe de production de la société travaille avec le centre d’expertise Adria à Quimper. Ses travaux portent actuellement sur l’aromatisation des craquelins et l’utilisation de nouvelles farines. « Ce n’est pas simple de conserver des arômes après une cuisson à 300°, ni de garder la texture et la forme du craquelin en changeant de farine », explique Régis Boiron. La bio est également un axe de développement. Pas uniquement dans le réseau Biocoop où les craquelins sont référencés, mais aussi « dans les circuits de distribution classique, où la demande est de plus en plus forte », constate Régis Boiron.