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Consommation Les critères santé et environnement peuvent se contredire

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Pour la première fois en France, une étude porte un regard croisé entre les apports nutritionnels des régimes type pratiqués par les consommateurs (traditionnel, modernisé, végétarien, PNNS, hyperprotéiné…) et leur impact carbone. L’intérêt de ces mesures, effectuées par le cabinet Greenext, le Credoc et l’Agence Protéines, est réel à un moment où démarre de façon expérimentale un affichage environnemental des produits de grande consommation. Cela rejoint d’ailleurs les préoccupations des Français puisqu’ils pensent (à 88% d’entre eux) que la santé passe par l’alimentation et (à 89%) qu’ils doivent prendre en charge les problèmes environnementaux.

Sur la base des enquêtes du Credoc sur les habitudes alimentaires des Français, l’Agence Protéines et le cabinet Greenext estiment que le bilan carbone de ce qu’une famille de quatre personnes consomme par an représente l’équivalent des émissions de CO2 d’une voiture parcourant 35 000 kilomètres. « La consommation moyenne annuelle (en nourriture) d’un enfant atteint 1,2 tonne d’équivalent carbone et celle d’un adulte 1,5 tonne », a expliqué Serge Michels, directeur général des stratégies de l’Agence Protéines en présentant l’étude (1).
Mais au-delà de ces moyennes, la leçon surprenante de ces travaux est de constater des écarts du simple au double selon la quantité et la nature des aliments. Le premier contributeur en CO2 c’est la viande rouge ainsi que les autres produits de l’élevage (œufs, fromage, lait…). En effet, pour obtenir un kilo de protéines animales, il faut en moyenne 3 kilos de protéines végétales et 10 kilos pour les bovins.
On comprend alors que les végétariens remportent la palme de l’assiette la moins émettrice de CO2, alors que les régimes hyperprotéinés type Dukan explosent les compteurs avec un impact de 3,5 tonnes. Le PNNS, avec cinq fruits et légumes par jour, trois produits laitiers et moins de viande, a un impact carbone plus correct mais un peu supérieur à la moyenne. En fait, l’impact carbone de 1000 calories d’aliments démontre que les aliments les plus denses nutritionnellement ne sont pas favorisés, alors que ceux riches en calories le sont. « L’idéal, pour optimiser le CO2, serait de se nourrir d’huiles et de graines, ce qui serait absurde sur le plan nutritionnel », résume Serge Michels. Mais on peut avoir de bons apports nutritionnels avec un régime peu contributeur en carbone : le régime gastronome à la française, qui consiste à manger de tout, a un impact carbone inférieur à la moyenne et rend donc compatibles les enjeux santé et environnement.
Les pistes à suivre pour alléger le poids en CO2 de notre assiette sont d’acheter local, réduire les portions de viande, remplacer la viande de bœuf par du poulet ou du canard, et éviter les repas associant charcuterie, viande et fromages. C’est aussi meilleur pour la santé.

(1) « Bien se nourrir et protéger la planète, est-ce compatible ? » Credoc/Greenext/Protéines 15 000 euros HT

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