Déjà touché par une baisse des surfaces semées, le maïs voit son potentiel mis en péril par la canicule et le manque d'eau. Si les rendements chutaient, cela conduirait à une récolte 2026 particulièrement faible. Déjà arrivés à un stade plus avancé de développement, le tournesol et le soja sont encore plus en risque.
Plusieurs professionnels de la filière céréalière ont alerté ces derniers jours sur les effets de la vague de chaleur sur les cultures de printemps, incluant le maïs, le tournesol, mais aussi le soja et le sorgho. Reflet de cette inquiétude : les cours de la graine jaune sur Euronext grimpaient de manière notable entre les séances du 18 et du 22 juin, d’environ 6-7 €/t selon les échéances. Les craintes seraient encore plus importantes pour le soja et le tournesol.
Bien sûr, il est encore tôt pour se prononcer sur les récoltes à venir. Seule certitude : le déficit hydrique s’accroît, bien aidé par la vague de chaleur. Le besoin d’eau est de plus en plus urgent.
Pour le maïs, les professionnels rappellent que le stade sensible qu’est la floraison, n’est pas encore atteint. Mais Franck Laborde, président de l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), précise que les cultures sont plus avancées que d’habitude dans leur développement, si bien que « le stade de floraison va arriver très vite ».
Frédéric Wiart, responsable collecte du groupe coopératif Vivescia basé dans l’Est, confirme les propos du maïsiculteur, expliquant que « la chaleur et le manque d’eau affectent le développement végétatif mais accélèrent la maturité ».
La sole en question
Si les rendements du maïs venaient à décrocher, ils se cumuleraient avec la baisse des surfaces. Tout accident de productivité conduirait donc « à une récolte très basse », alerte Franck Laborde. Si la prévision du ministère de l’Agriculture de repli annuel de près de 20 % de sole de maïs grains n’est pas encore vérifiée, « elle n’est pas impossible. […] On sera vraisemblablement à plus de 15 % de baisse », pointe-t-il.
Les agriculteurs ont, par ailleurs, dû payer d’importants frais de resemis dans le nord-ouest de la France (zone Bretagne/Normandie/Pays de la Loire), qui a souffert de la géomyze. « Le dernier épisode d’attaque de cette ampleur était il y a dix ans », s’alarme Franck Laborde. Il précise que « 300 000 ha ont été visités par le ravageur, dont 150 000 ha ont été très affectés », alerte-t-il. Des dizaines de milliers d’hectares ont dû être resemés, selon lui.
Les professionnels indiquent que les tournesols ont déjà commencé à fleurir, augmentant les craintes pour cette culture. Même constat pour le soja, pour lequel « des mortalités de fleurs sont déjà rapportées », indique Franck Laborde. Bien que la culture dispose d’une certaine résistance à la chaleur, elle requiert de l’eau, surtout lors de cette période de floraison, qui est généralement plus étalée que celle du maïs.
Des attaques de géomyze d’une ampleur jamais vue depuis dix ans
KC