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Les demandes des syndicats avant le Salon

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Alors que le gouvernement a promis d’ajouter des chapitres dédiés à la « simplification » et à la « souveraineté alimentaire » au PLOA, la FNSEA demande à Gabriel Attal des mesures liées à la « compétitivité de la Ferme France ». Comme il est de coutume avant le Salon de l’agriculture, les syndicats minoritaires ont été reçus par Emmanuel Macron le 14 février, la FNSEA et les JA le seront le 20 février.

Lors d’une réunion avec Gabriel Attal et Marc Fesneau le 13 février, « nous avons dit que nous voulons voir des sujets de compétitivité [dans le projet de loi d’orientation] en plus de l’installation/transmission », a indiqué le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, lors d’une conférence de presse commune avec les Jeunes agriculteurs. « Des propositions ont été faites par les sénateurs » (notamment du groupe LR), « nous aussi, nous avons des propositions », a-t-il ajouté, sans s’étendre sur le sujet. Initialement centré sur le renouvellement des générations (installation/transmission et formation), le projet de loi d’orientation agricole (PLOA) s’est vu ajouté deux volets à l’issue des manifestations de fin janvier, l’un sur la simplification (réduction des délais de contentieux, présomption d’urgence, etc.) et l’autre sur la souveraineté alimentaire (inscription dans le Code rural, etc.).

Le texte devrait être soumis au Conseil d’État « avant la fin du mois de février, c’est-à-dire entre la fin de cette semaine et le début de la semaine prochaine », a indiqué le cabinet du ministre de l’Agriculture à la presse le 12 février. Avant cette étape, « les ministres (Fesneau et Pannier-Runacher, NDLR) verront dans la semaine chacune des OPA pour échanger » sur le contenu de la loi. Par ailleurs, selon l’entourage du ministre, plusieurs concertations devaient démarrer dans la semaine. L’une d’elles s’inscrit dans le cadre du « mois de la simplification », démarche pour laquelle l’ensemble des préfets ont rencontré les syndicats au niveau départemental. La concertation est également « relancée » sur le plan de souveraineté élevage, « dans une logique de renforcement », afin d’aboutir « d’ici le Salon ».

Enfin, le ministère a annoncé la tenue prochaine de deux réunions : un comité de suivi des négociations commerciales lundi 19 février, et un Groupe national loup « en fin de semaine, début de semaine prochaine » afin de finaliser le Plan loup 2024-2029.

Rendez-vous mensuel avec Attal

« Le Premier ministre a validé le principe d’une rencontre mensuelle » pour « assurer lui-même le suivi » de la simplification administrative, a par ailleurs indiqué Arnaud Rousseau le 13 février. « Il est évident que le Premier ministre doit porter politiquement cette simplification », a insisté M. Rousseau. Cette thématique est apparue dès les premières annonces agricoles du Premier ministre, le 26 janvier après les premiers blocages en Occitanie. M. Attal avait alors promis « dix mesures immédiates » et un « mois de la simplification » au niveau départemental.

Plus largement, alors que la FNSEA s’inquiète de la lenteur de la concrétisation de l’ensemble des annonces gouvernementales, « le Premier ministre a voulu jalonner le parcours jusqu’au Salon » – qui constitue l’échéance fixée pour plusieurs dossiers –, a ajouté Arnaud Rousseau. « Il a reçu le message 5 sur 5, les choses sont en train de se corriger », s’est-il félicité. Les présidents de la FNSEA et des JA ont enfin indiqué qu’ils rencontreront Emmanuel Macron mardi 20 février, avec la volonté de « l’interroger sur le volet européen » et sur « sa vision pour l’agriculture ».

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La CR s’estime « écoutée »

De son côté, la Coordination rurale avait déjà rencontré le 14 février le président de la République. Emmanuel Macron « a pris la mesure » de la crise, a estimé le deuxième syndicat agricole, affirmant avoir été « écouté » notamment sur ses demandes d’urgence de trésorerie et sur la simplification administrative, mercredi à l’issue d’un entretien à l’Élysée. Le chef de l’État « a pris la mesure de la situation, il a bien écouté » et entendu « notre message subliminal : Foutez-nous la paix et laissez-nous travailler », a déclaré à la presse Serge Bousquet-Cassagne, président de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne et figure du syndicat.

A ses côtés, Karine Duc, co-présidente de la Coordination rurale (CR) en Lot-et-Garonne, a identifié « quatre points forts » dans les demandes présentées au chef de l’État : des « mesures d’urgence de trésorerie » ; la « simplification à tous les étages » et la levée des contraintes de production, notamment environnementales ; l’exigence de « clauses miroirs » – sur la réciprocité des normes pour les produits importés – et enfin un gros effort « sur les transmissions » de fermes.

La Conf demande « un signal fort »

La Confédération paysanne, reçue le même jour par le président, a demandé « un signal fort » au gouvernement « pour mettre fin à la mise en concurrence des agriculteurs entre eux ». « Nous demandons au gouvernement d’annoncer l’arrêt des négociations des traités de libre-échange », notamment celui du Mercosur avec l’Amérique latine, a déclaré sa porte-parole Laurence Marandola. Elle a rappelé la demande d'« interdiction des transactions sous le prix de revient, c’est-à-dire les coûts de production, la rémunération et la protection sociale ».

Face au changement climatique, à la pollution des sols et à l’épuisement des hommes, la Confédération paysanne attend du gouvernement un « accompagnement fort pour la transition agro-écologique » et la réaffirmation « indispensable » d’une trajectoire ambitieuse de réduction des pesticides. Elle non plus n’entend pas baisser la garde avant le Salon de l’agriculture et prévoit de nombreuses actions, pacifiques, partout en France. Dans le Var, elle a organisé le 14 février devant un magasin Carrefour un « marché sauvage », proposant des « produits paysans » pour sensibiliser les consommateurs.

« Nous avons dit que nous voulons voir des sujets de compétitivité »