Il faut « réagir sans délai » face à la grave crise sanitaire traversée par le secteur apicole : tel est le message contenu dans le projet de résolution d’Astrid Lulling (PPE-DE, LU) adopté le 4 novembre par la commission de l’agriculture du Parlement européen qui fera l’objet d’un vote lors de la session plénière prévue du 18 au 20 novembre à Strasbourg.
Forte diminution de la ressource en pollen et en nectar du fait de l’extension de l’agriculture et de l’utilisation de certains produits phytosanitaires, plus grande vulnérabilité aux parasites et aux maladies telles que le varroa du fait d’un déséquilibre alimentaire : le constat dressé par les députés agricoles est alarmant. Face à la forte diminution de la population des ruches européennes qui menace gravement la production apicole et la pollinisation indispensable pour de nombreuses variétés de fruits et de légumes, les parlementaires réclament la mise en place – dans le cadre du « bilan de santé » de la Pac – de mesures visant à encourager la création de « zones de compensation écologique » telles que les jachères apicoles, en particulier dans les grandes régions de cultures arables. Ces zones pourraient être créées dans les parties les plus difficiles à cultiver, où les plantes telles que la phacélie, la bourrache, la moutarde des champs ou le trèfle blanc pourraient se développer et constituer d’importantes sources nectarifères pour le butinage.
Les députés agricoles estiment également nécessaire de développer des recherches sur le lien entre la mortalité des abeilles et certains pesticides tels que la thiamethoxane, l’imidaclopride, la clothianidine et le fipronil, de coordonner les informations dont disposent les Etats membres à ce sujet, et de prendre le cas échéant « les mesures appropriées ».
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Par ailleurs, les députés souhaitent le déblocage de fonds supplémentaires pour développer au plus vite la recherche sur les parasites et les pathologies qui déciment les abeilles. Ils réclament aussi l’introduction du pays d’origine sur l’étiquette et l’obligation d’analyser le miel importé pour y déceler la présence éventuelle de bacilles de la loque américaine.