Malgré la prudence du projet initial de la Commission européenne sur ce point, la question de l’abattage rituel est au cœur des discussions sur le projet de texte visant à renforcer les normes de bien-être animal au moment de la mise à mort. Les députés de la commission de l’agriculture du Parlement européen ont écarté toutes les clauses laissant la possibilité aux Etats membres d’interdire certaines pratiques rituelles.
Face à l’inquiétude des communautés religieuses juives et musulmanes, les députés agricoles ont plaidé, le 16 mars, pour le maintien d’une dérogation générale, valable pour tous les Etats membres de l’UE, qui permette l’abattage selon les méthodes rituelles, sans étourdissement préalable et sans recours à des techniques qui entrainent forcément une mort immédiate. Les représentants des cultes concernés s’étaient alarmés d’une clause prévue par la Commission qui laissait la possibilité à chaque Etat membre, s’il le souhaitait, de supprimer cette dérogation aux règles de bien-être animal pour les abattages rituels. Ils estimaient que ce projet risquait de remettre en cause la liberté de religion et d’attiser les intolérances. A l’inverse, les associations de bien-être animal et certaines organisations de vétérinaires ont plaidé pour qu’aucune entorse ne soit faite au principe de l’étourdissement préalable. De plus, un amendement prévoyant un étiquetage spécifique pour les produits issus d’abattages religieux a été écarté.
Eviter toute souffrance inutile
Dans tous les autres cas, les députés se sont prononcés pour que toute souffrance inutile soit évitée aux animaux : l’immobilisation des animaux doit intervenir au moment de l’étourdissement, mais pas avant, selon eux ; l’abattage et la saignée doivent être menés le plus tôt possible après, pour s’assurer que l’animal ne reprenne pas conscience avant la mise à mort. Les parlementaires ont aussi modifié le projet initial, afin d’éliminer certaines contraintes administratives jugées inutiles et veiller à ce que les produits importés soient conformes aux exigences européennes.
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Enfin, la mise en place, au niveau des abattoirs, d’indicateurs servant à déceler les signes de conscience ou de sensibilité des animaux pendant les procédures d’abattage dans le but de vérifier la viabilité des procédures d’étourdissement, est confirmée par les parlementaires. Ces derniers jugent aussi qu’il faut exempter les petits abattoirs qui mettent à mort jusqu’à 50 têtes de bétail par semaine ou 150 000 volailles de l’exigence de nommer un responsable des normes de bien-être animal.