Le Parlement européen s’est montré une nouvelle fois divisé sur l’avenir des OGM, à l’occasion d’un débat organisé suite à une question orale adressée, le 23 avril à Strasbourg, par Struan Stevenson au nom du président de la commission de l’agriculture de l’Assemblée, Neil Parish, à la commissaire européenne à la santé, Androulla Vassiliou.
La Commission européenne va « examiner » les réponses appropriées pour réduire l’impact négatif de la politique de tolérance zéro à l’égard des OGM non autorisés introduits dans la Communauté. Mais elle n’entend pas, pour l’heure, remettre en cause ce principe. C’est, en substance, ce qu’a indiqué la commissaire européenne à la santé, Androulla Vassiliou, en réponse à une question orale préparée par le député européen Neil Paris sur l’impact, pour les agriculteurs, de la frilosité de l’UE sur les OGM.
Priorité à l’accélération des procédures
Selon Mme Vassiliou, la tolérance zéro ne devient un vrai problème qu’à partir du moment où l’approbation des nouvelles semences n’intervient pas au même moment dans les différentes parties du monde. La commissaire a insisté sur la priorité accordée jusqu’à présent au travail d’accélération des procédures d’autorisation, notamment au niveau de l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA). La procédure pourrait aussi être accélérée en améliorant la qualité des dossiers remis par les entreprises qui demandent une autorisation de mise sur le marché.
Politique « exagérée »
De leur côté, plusieurs députés européens libéraux, conservateurs et socialistes ont plaidé pour l’instauration d’un seuil de tolérance. C’est le cas notamment du député libéral Jan Mulder, qui s’est prononcé en faveur d’un tel seuil pour les OGM ayant reçu un avis positif de l’EFSA. Des députés espagnols, notamment Paulo Casaca (PSE), ont en particulier souligné l’incohérence entre la politique de tolérance « exagérée » selon eux et les importations de viandes provenant d’animaux nourris aux OGM.
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Diversification des approvisionnements
Pour sa part Bernadette Bourzai (PSE, France) a insisté sur la nécessité de procéder à une analyse précise « des conséquences économiques des accords de Blair House par lesquels l’UE s’est démunie de sa propre production d’aliments pour animaux ». Elle préconise d’une part de réduire la dépendance des élevages européens en protégeant la culture des fourrages séchés et de protéagineux par un redéploiement des aides ainsi qu’une diversification des sources d’approvisionnement. La députée estime d’autre part qu’une offre non OGM d’aliments pour animaux existe dans les pays tiers.
Par ailleurs, les députés écologistes de l’Assemblée ont insisté sur la méconnaissance des conséquences des OGM pour la santé et l’environnement. Caroline Lucas a ainsi dénoncé une « question tendancieuse » et l’absence de preuve de distorsion du marché lié aux OGM.