Le combat se poursuit au sein de la majorité gouvernementale entre les partisans de la Charte de l’environnement et ses adversaires. Au plaidoyer prononcé le 2 mai par Jacques Chirac en faveur du texte constitutionnel a répondu trois jours plus tard un amendement des députés de l’UMP. Cet amendement permet aux parlementaires de restreindre, au besoin, l'application du principe de précaution via la loi.
Les députés de l’UMP sont parvenus le 5 mai à s’entendre sur un projet d’amendement relatif au principe de précaution, dont la rédaction au sein de la Charte de l’environnement (article 5) fait des vagues depuis de nombreux mois au sein de la majorité gouvernementale et du monde scientifique. Cet amendement maintient la rédaction initiale du principe de précaution tel qu’il est formulé dans la Charte, mais ajoute dans la Constitution une disposition stipulant que l'environnement fera désormais partie du domaine législatif. Il permet ainsi aux parlementaires de restreindre l'application du principe de précaution dans un projet de loi. Interrogé sur ce nouvel épisode, le ministre de l'Ecologie, Serge Lepeltier, a déclaré qu'il entendait être « l'avocat de la Charte telle qu'elle est présentée» mais a refusé de se prononcer explicitement sur le compromis trouvé la veille parmi les parlementaires UMP.
Chirac : «La Charte stimulera la recherche scientifique»
Quelques jours plus tôt , le président de la République avait pour sa part déclaré que l'adoption de la Charte sera pour la France « un grand progrès». S’exprimant lors de la cérémonie d'ouverture du congrès fondateur d'une nouvelle organisation mondiale des villes, au palais des Congrès à Paris, le 2 mai, Jacques Chirac avait souligné que la Charte « appelle chacun, et d'abord l'Etat, à une attitude de responsabilité, qui passe par des démarches d'éducation, d'information, de prévention, de précaution et de réparation, dans le souci des générations futures». Et d’ajouter : il s’agit d’« un texte qui stimulera la recherche scientifique et l'innovation technologique pour inscrire la croissance économique dans le cadre d'un développement durable». Pour Jacques Chirac, il s'agit d' « un texte de référence qui inspirera les politiques nationale, européenne et internationale de la France pour les décennies à venir» à un moment où, selon lui, « la crise écologique» est « une des crises majeures de notre temps».
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Déjà reporté trois fois, le projet de loi doit toutefois être examiné le 11 mai devant la commission des affaires économiques et le 12 mai devant la commission des Lois.