La commission des Affaires sociales de l’Assemblée s’est prononcée en faveur de la création d’une taxe sur les produits transformés sucrés et un relèvement de la « taxe soda ».
Par deux amendements adoptés en commission des Affaires sociales lors de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2024, les députés ont tranché en faveur de la création d’une taxe sur les produits alimentaires transformés contenant du sucre ajouté et d’une hausse de la taxe sur les boissons sucrées, dite « taxe soda ». Ces deux mesures ont été défendues par le rapporteur du texte, le député Modem et médecin Cyrille Isaac-Sibille. La création d’une taxe pour les produits alimentaires transformés permettra « d’inciter les industriels à diminuer les quantités de sucres ajoutés à ces produits », déclare-t-il dans un communiqué. L’élu du Rhône rappelle les multiples « sur-risques » liés à une consommation importante de produits transformés (obésité, diabète, cancer, dépression, etc.).
« Notre consommation de ces produits riches en sucres et en sel ne cesse d’augmenter », déplore-t-il. Depuis l’instauration de la taxe sur les boissons sucrées en 2012, dite « taxe soda », la consommation de sucre des Français a baissé de moins d’un gramme par jour. Le député défend donc un relèvement de cette taxe, en s’inspirant de l’exemple britannique, où une taxation plus importante a permis de réduire la consommation des ménages de 30 g par semaine et d’inciter les transformateurs à ajouter moins de sucre dans leurs boissons.
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En excès dans les aliments pour bébés
La présence de sucre en excès dans les aliments transformés est régulièrement dénoncée, et l’alimentation destinée aux bébés ne fait pas exception. D’après une étude de l’association Consommation logement cadre de vie (CLCV), dévoilée le 19 octobre, les aliments pour les très jeunes enfants sont souvent « trop sucrés » et « contiennent des arômes et des additifs ». Elle dénonce « une réglementation qui ne va pas assez loin » sur ce sujet. L’association de défense des consommateurs a réalisé des relevés sur 200 produits dans « neuf enseignes de la grande distribution ». Les résultats montrent que « 30 % des références contiennent des ingrédients sucrants », comme du sucre, du miel ou du chocolat. Dans le détail, « 85 % des produits laitiers étudiés contiennent des ingrédients sucrants », et « 77 % des snacks sucrés ou salés contiennent divers ingrédients sucrants ». Pour CLCV, « ces constats montrent que la réglementation européenne n’est pas assez stricte pour les industriels et devrait être mise à jour ». Elle « doit fixer des teneurs maximales en sucres, matières grasses et sel, en se basant sur les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé », estime l’association, qui demande en outre « aux industriels d’améliorer la qualité de l’offre de produits alimentaires infantiles ».