Parmi les agents de lutte biologique, on peut faire la distinction entre trois types d’agents : les micro-organismes (virus, bactéries, levures ou champignons), les macro-organismes (en général des insectes) et enfin des « biopesticides », c’est-à-dire des substances naturelles jouant le rôle de pesticides ou de stimulateur des défenses naturelles de la plante.
• Les micro-organismes permettant de lutter contre des maladies des plantes restent encore très peu développés. Selon Jos Raaijmakers, chercheur à l’Université de Wageningen, aux Pays-Bas, les agents de lutte biologique ne représentent que 1 % des ventes de produits phytosanitaires alors que les fongicides représentent 15 % du marché.
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• Quant aux macro-organismes, les applications sont aujourd’hui plus concrètes. Selon F. Bigler, chercheur à l’agroscope de Zurich, en Suisse, plus de 150 espèces d’auxiliaires sont actuellement disponibles, pour le contrôle d’une centaine d’espèces de ravageurs. Cette technique est utilisée depuis 120 ans. Plus de 2 000 espèces d’ennemis naturels ont été lâchées par le passé, ce qui a permis de réduire de façon permanente 165 espèces d’insectes nuisibles dans le monde entier. Soit on s’appuie sur des auxiliaires naturellement présents sur le territoire, comme les phytoséiides, acariens prédateurs d’acariens nuisibles pour les plantes. Soit il faut aller chercher des auxiliaires « exotiques ». Par exemple, l’Inra de Sophia-Antipolis est allé chercher un prédateur au Chili pour lutter contre la cochenille farineuse, qui prend de l’essor dans les vergers de pommier du Sud de la France.
• Du côté des biopesticides, on y retrouve des stimulateurs de défense naturelle activant le mécanisme de défense naturelle de la plante pour lutter par elle-même à de nombreux parasites et ravageurs. C’est le cas de la minarine, mise au point par Goëmar (Iodus 40) permettant de remplacer le premier fongicide sur céréales. On retrouve aussi des biopesticides d’origine végétale. Par exemple un extrait d’une plante, Reynoutria sachalinensis, (nom commercial : Milsana) permettant de contrôler l’oïdium sur tomate sous serre.