Réunis les 23 et 24 septembre à New York, les chefs d'État et de gouvernement de la planète se sont mobilisés pour parvenir à un accord contraignant sur le climat fin 2015 à Paris. Une vaste initiative pour aider l'agriculture à réduire ses émissions de gaz à effet de serre tout en s'adaptant au réchauffement climatique a été lancée à cette occasion.
LES dirigeants du monde entier étaient réunis le 23 septembre à New York pour un sommet de l'ONU sur le climat avec pour objectif de donner un nouvel élan aux négociations internationales sur le réchauffement climatique dans la perspective d'un accord international contraignant sur les émissions de gaz à effet de serre lors de la Conférence sur le climat de 2015 à Paris. Ce sommet de New York n'était pas censé être une véritable session de négociation, le but était avant tout de mobiliser dès maintenant les chefs d'État et de gouvernement (près de 120 étaient présents) afin d'éviter un échec comme celui de Copenhague en 2009. Et des engagements qui faciliteront un accord fin 2015 ont été pris : à l'issue de cette réunion, le Fonds vert de l'Onu visant à aider les pays en développement à lutter contre le réchauffement climatique a récolté 2,3 milliards de dollars en promesses de financement, dont un milliard de la France et un milliard de l'Allemagne. Mais ce chiffre reste bien au-dessous de l'objectif qui est d'atteindre 10 milliards de dollars d'ici la fin de l'année.
Alliance mondiale pour une agriculture intelligente face au climatDans le cadre de ce sommet, le 24 septembre, a été lancée l'Alliance mondiale pour une agriculture intelligente face au climat, dont l'objectif est d'améliorer la coopération internationale pour que l'agriculture contribue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre mais aussi à l'atténuation de l'impact du changement climatique sur la production. Cette alliance réunit des organisations agricoles (notamment l'Organisation mondiale des agriculteurs – WFO), des États (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Mexique, Japon…), des organisations internationales (Programme alimentaire mondial, Banque mondiale…), des entreprises privées (McDonald, Kellogg, Walmart), des scientifiques et des ONG. Le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, s'est félicité du lancement de cette initiative qui devra permettre de développer des pratiques agricoles plus évolutives et plus résilientes aux pressions environnementales tout en réduisant dans le même temps l'impact de l'agriculture sur l'environnement (voir encadré).
«L 'AGROÉCOLOGIE continue de progresser, à la fois sur le pan scientifique et dans les politiques publiques. C'est une approche qui aidera à relever le défi de la faim et de la malnutrition sous toutes ses formes, dans le contexte de la nécessaire adaptation au changement climatique », a commenté le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, à l'occasion d'un symposium international sur l'agroécologie pour la sécurité alimentaire et la nutrition organisé à Rome les 18 et 19 septembre. Quelque 400 personnes ont assisté à ces travaux qui ont permis à plus de 50 experts (chercheurs, secteur privé, représentants de gouvernements, etc.) de partager les connaissances et les pratiques pour une agriculture productive mais plus durable. Les échanges ont été conclus par des interventions de plusieurs ministres de l'agriculture, dont ceux de la France, du Sénégal et de l'Algérie. La veille de ce symposium, un groupe de près de 70 scientifiques, issus essentiellement d'universités américaines, avait plaidé, dans une lettre ouverte, pour le développement de l'agroécologie. Celle-ci doit, selon eux, être inscrite en bonne place à l'ordre du jour de la 41e session du Comité de la sécurité alimentaire mondiale qui se tiendra à Rome du 13 au 18 octobre.
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Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a rappelé que l'UE était sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs. Les émissions de GES de l'UE ayant reculé de 19% depuis 1990 quand, dans le même temps, son PIB a augmenté de 45%. « Notre objectif est de consacrer 20% du budget 2014-2020 de l'UE à l'action climatique » soit 180 milliards € d'ici 2020, a souligné José Manuel Barroso.
En France, en vue notamment de la préparation du sommet climatique de 2015, un rapport proposant des pistes pour faire participer l'agriculture à la lutte contre le changement climatique a été rendu par le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAER) le 22 septembre au ministre de l'agriculture Stéphane le Foll. Il propose, entre autres, des « leviers d'action » prenant en compte la gestion de l'azote, la méthanisation et les bio-déchets ainsi que le semis direct et l'agro-foresterie.