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Sûreté sanitaire Les discussions sur la réintroduction des farines animales avancent

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La Commission européenne proposerait dans un premier temps d’autoriser la réintroduction des protéines animales transformées dans l’alimentation des poissons. Une fois qu’un test fiable – permettant de déterminer l’origine des farines animales et notamment de détecter la présence de protéines de ruminant – aura été mis au point, l’interdiction d’utiliser ces protéines dans l’alimentation des non-ruminants (porcs, volailles) pourrait être levée.

À ce stade des connaissances scientifiques, si l’actuelle interdiction d’utilisation de protéines animales transformées (PAT) dans l’alimentation des animaux non-ruminants (porcs, volailles) était levée, il ne serait pas possible de s’assurer qu’il n’y a pas de consommation intra spécifique (« cannibalisme »). C’est une des principales conclusions présentées aux experts des États membres lors du dernier Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale (SCFCAH). Le projet de la Commission visant à assouplir les règles de la législation sur les encéphalites spongiformes (1) suggère donc de limiter la levée de l’interdiction des farines animales à l’alimentation des poissons jusqu’à ce qu’une méthode de quantification européenne soit validée pour déterminer l’origine des farines, afin d’éviter tout « cannibalisme » et de détecter la présence éventuelle de protéines issues de ruminants. Actuellement, aucune méthode de diagnostic validé n’est capable de détecter la présence de porc ou de volaille dans l’alimentation, par conséquent, il ne serait pas possible de contrôler la mise en œuvre correcte de l’interdiction de consommation intra-espèce, estiment les services de Bruxelles.
La proposition de la Commission ne ferme pas totalement la porte à une réintroduction des farines dans l’alimentation des porcs et des volailles. Bruxelles souligne en effet la nécessité d’exigences strictes lors de la collecte, le transport et la transformation des protéines animales afin d’éviter toute contamination croisée avec des protéines de ruminants et insiste sur l’échantillonnage et l’analyse régulière. De plus, le laboratoire de référence de l’UE travaille actuellement à la validation d’un test d’ici le mois de juin qui permettrait de distinguer l’origine des farines dans un échantillon.

Les avis divergent entre États membres

En juillet 2010, la Commission européenne avait adopté une communication qui ouvrait la voie à la réintroduction des farines animales dans l’alimentation des non-ruminants. Le Parlement européen s’est lui aussi prononcé en 2011 dans une résolution sur le déficit de protéines en Europe pour la réintroduction des PAT dans l’alimentation des monogastriques (porcs, volaille). Depuis, les autorités européennes cherchent un compromis avec les Etats membres pour autoriser l’usage de ces protéines dans l’alimentation des non-ruminants. Surtout dans le contexte actuel où les prix de l’alimentation animale sont élevés. Mais les Etats membres sont divisés sur cette question. La France et le Royaume-Uni – les deux pays ayant été les plus affectés par l’épidémie de vache folle – s’opposent clairement à la réintroduction de ces PAT. D’autres pays émettent également des réticences notamment quant à la complexité des contrôles à mettre en œuvre pour appliquer le règlement proposé par Bruxelles.

(1) Voir n° 3334 du 23/1/2012

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