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Réglementation Les distilleries vinicoles risquent de manquer de coproduits à valoriser

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Les distilleries vinicoles craignent de manquer de coproduits à valoriser (marcs de raisin et lies de vin) du fait d’une modification réglementaire, ont-elles signalé à la presse environnementale et vinicole le 11 octobre à Épernay en présence de plusieurs parlementaires. Une partie de ce précieux gisement pourrait leur échapper et déséquilibrer de ce fait leur activité.

Le recyclage des résidus de l’activité viticole, jusqu’à présent réalisé par les distilleries, qui sont environ une cinquantaine, est menacé par une remise en question « réglementaire », a alerté l’Union nationale des distilleries vinicoles (UNDV) le 11 octobre, invitant la presse environnementale et vinicole le 11 octobre à Épernay, en présence de plusieurs parlementaires. Ces derniers étaient les députés Philippe Armand Martin (Marne, UMP) et Catherine Vautrin (Marne, UMP), les sénateurs Françoise Férat (Marne, Union des démocrates et indépendants), Yves Detraigne (Marne, Union des démocrates et indépendants) et René-Paul Savary (Marne, UMP).
Les coproduits, ce sont les marcs de raisin (pulpes et pépins), les lies (dépôts obtenus après pressurage des raisins) et du vin non commercialisable. Ces résidus de la vinification font l’objet depuis 1953 d’une obligation de collecte et de traitement par les distilleries (celles-ci en recyclent 95 %).
 
Concurrence possible de la méthanisation, du compostage et de l’épandage
L’obligation de distiller pourrait être supprimée, et dans ce cas une partie de l’important volume des coproduits serait soustrait à la transformation par les distilleries vinicoles. « 850 000 tonnes de marcs de raisin et 1,4 million d’hectolitres de lies de vin risquent d’être pour partie déversés dans la nature, plutôt que d’être recyclés », a démonté Jean Mottet, vice-président de l’UNDV. Les ministères de l’Agriculture et de l’Écologie étudient en effet la possibilité qu’à côté de la distillation, les marcs de raisin et les lies de vin puissent être épandus dans les champs ou compostés à la ferme ou livrés à des unités de méthanisation.
Les distilleries demandent aux vignerons une participation de 20 euros par tonne de marc, mais achètent le vin non commercialisable, qui renferme plus de valeur ajoutée, selon l’UNDV.
Les distilleries vinicoles ont déjà surmonté une baisse de 60 % des aides de l’OCM vitivinicole en 2008, et leurs charges environnementales augmentent, mais elles se sont modernisées et diversifiées. « Elles restent très fragiles », a souligné Jean Mottet. Avec ce changement réglementaire, « 20 à 30 % des distilleries risquent de fermer », mettant « fin à une collecte et à un recyclage des marcs et des lies à proximité des producteurs de vin ».
Ce dossier sera discuté au conseil spécialisé « vin » de FranceAgriMer de novembre.

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