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Tendance Les distributeurs britanniques peaufinent leur stratégie dans les produits bio

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Le marché des produits bio en Grande-Bretagne devrait être le premier marché en Europe en 2005 et engendrer des ventes de 3,5 milliards de livres.

Le marché des produits bio outre-Manche progresse actuellement à grands pas. Selon une étude réalisée par la Soil Association, l’autorité en matière de produits bio en Grande-Bretagne, le marché britannique des produits bio a atteint une valeur au détail de 802 millions de livres en 2001-2002 contre 605 millions une année auparavant, soit une hausse de 33%. Et les perspectives parlent de 3,5 milliards de livres pour 2005, ce qui placerait la Grande-Bretagne à la première place européenne devant l’Allemagne. Un véritable boom qui prend naissance dans un marché très spécifique : « A l’inverse de certains marchés européens,explique Didier Gourdin, chargé de mission agricole au Centre français du commerce extérieur à Londres, le marché britannique des produits bio est encore très axé sur les produits frais de base et reste peu développé en matière de produits transformés ». La tendance tend toutefois à s’estomper : le nombre de transformateurs certifiés bio est passé de 1 100 à 1 675 en une année et la production de produits élaborés « bio » a augmenté de 36% pour atteindre 611 millions de livres. Une véritable révolution engendrée par une demande accrue des consommateurs.

Les principaux distributeurs en première ligne

De toute évidence, les gros distributeurs britanniques ont bien saisi l’ampleur du phénomène. Alors qu’à ses débuts, le bio était presque exclusivement exploité par des opérateurs spécialisés, quatre des plus gros distributeurs britanniques comptent aujourd’hui pour 74% de ce marché. Arrivé tardivement sur ce créneau en 1998, Tesco, le numéro un du secteur, offre aujourd’hui 1 200 linéaires bio pour un chiffre d’affaires annuel de plus de 240 millions de livres. Même constat chez l’actuel numéro deux, Sainsbury : le distributeur est en effet passé de dix linéaires en 1986 à près de 1 300 aujourd’hui pour un chiffre d’affaires de près de 235 millions de livres. Enfin chez Safeway, le nombre de linéaires bio a littéralement explosé en passant de 150 à 500 en quatre ans. Et de toute évidence, ces chiffres devraient encore progresser. En novembre 2001, Tesco a annoncé un objectif de 1 milliard de livres de chiffre d’affaires dans les cinq années à venir, ce qui porterait à 5% la part des produits bio face au total des ventes du distributeur.

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Sans doute démagogique, l’objectif s’appuie néanmoins sur un engouement bien réel : l’année dernière, les ventes « bio » se sont en effet accrues de 30% chez le distributeur. Une véritable aubaine dans la mesure où le prix des produits bio reste encore plus élevé que celui des produits conventionnels dans une fourchette de 20 à 30%. Autre enjeu important : la réduction de la part des importations, aujourd’hui estimée autour des 70 % de l’ensemble des produits bio vendus en Grande-Bretagne. Chez Sainsbury, les produits venus de l’étranger représentent encore 60 % de l’ensemble et l’objectif est de réduire ce chiffre de 15 à 45% d’ici à janvier 2004. Certains, comme Tesco, ont d’ores et déjà réduit leur dépendance à l’international : « Nous avons pu rapatrier près de 15 millions de livres chez nos fournisseurs britanniques et nous essayons d’accroître ce chiffre », commente un porte-parole de Tesco. Pour les produits bio comme les produits conventionnels, le mot d’ordre continue donc à être « acheter britannique ». Reste que les Anglais n’ont pas les moyens de réduire à néant leur dépendance étrangère.