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Les droits à l’importation pour le maïs, le sorgho et le seigle fixés à 10,4 €/t

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Dans le contexte du Covid-19, la nette baisse des cours du maïs américain conjuguée à une offre abondante a conduit la Commission européenne, via un règlement d’exécution publié le 5 mai au Journal officiel de l’UE, à actualiser les droits à l'importation, pour passer à 10,4 €/t. Le mécanisme automatique de calcul des droits à l’importation du maïs, du sorgho et du seigle qui avait été déclenché le 27 avril, avait fixé initialement le droit d'importation sur le maïs, le sorgho et le seigle à 5,27 €/t. « Cela permettra de garantir que les producteurs de l’UE ne soient pas désavantagés dans les conditions actuelles du marché », précise Bruxelles. Calculés conformément au règlement 642/2010 (droits à l’importation pour les céréales), « ces droits sont déclenchés quand le prix du maïs américain Caf Rotterdam (incluant coût, assurance et fret, NDLR) passe sous le seuil de 157 €/t », explique l’Association générale des producteurs de maïs français (AGPM). Leur montant équivaut à la différence entre ces deux valeurs. La forte baisse du prix du maïs américain s’explique avant tout par l’effondrement des prix du pétrole, qui a provoqué une chute de la demande de bioéthanol outre-Atlantique. Par ailleurs, une récolte de maïs record est attendue pour la période 2020/2021 au niveau mondial et en parallèle les coûts de fret ont diminué. Tous ces éléments accumulés poussent ainsi les prix CAF du maïs américain au port de Rotterdam à la baisse pour atteindre 146,63 €/t, contre 162,24 €/t, il y a un an. Alors que depuis le 3 mars 2018, les droits à l’importation étaient de 0€/t pour le maïs, le sorgho et le seigle, le tarif révisé dorénavant s’appliquera jusqu’à ce que le calcul automatique débouche sur un nouveau chiffre. Les derniers droits à l’importation pour le maïs, le sorgho et le seigle avaient été appliqués entre août 2017 et mars 2018.

Insuffisant pour les maïsiculteurs européens

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Commission européenne
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La Confédération européenne de la production de maïs (CEPM) juge dans un communiqué publié le 28 avril « insuffisants les droits de douane sur le maïs, vu notamment les concessions tarifaires accordées lors des négociations internationales ». En effet, depuis la ratification du CETA, le maïs canadien peut être importé sans droits de douane. Tel est le cas également du maïs serbe et d’un contingent de 1,225 Mio t de maïs ukrainien en 2020. La CEPM ajoute que « les prix à l’intervention pour le maïs, sur lequel sont calculés et déclenchés les droits de douane, n’ont pas été réévalués depuis vingt ans, ce qui limite l’efficacité d’une mesure qui n’est déclenchée qu’en situations de marché extrêmement critiques ». Pour son président Daniel Peyraude, « alors que la crise sanitaire actuelle révèle l’enjeu de la souveraineté alimentaire de l’UE, devenue premier importateur mondial de maïs depuis 2017, cette véritable protection devra passer par une réforme des droits de douane et l’arrêt des cadeaux consentis aux grandes puissances exportatrices qui ne partagent pas les standards de production de l’UE ».