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Les drones seront-ils le prochain outil multi-usages en agriculture ?

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Surveillance d'un troupeau filmé par un drone Crédits : © Adrien Lebreton

Une équipe de l’Institut de l'élevage (Idele) pilote actuellement une étude sur différents cas d’usages des drones en élevage, pour déterminer si cet outil peut être un facilitateur de travail et dans quelles conditions l’utiliser.

Piloté par l’université d’Athènes, le projet européen Icaerus, lancé en juillet 2022 pour une durée de 4 ans, est chargé d’évaluer les risques et les impacts des drones et d’apporter des réponses sur une utilisation efficiente ou pas en soutien aux agriculteurs et éleveurs. Soutenu par le programme Horizon Europe avec un budget de 6 millions d’euros, il réunit 13 partenaires, dont huit pays européens.  

Icaerus englobe cinq grands cas d’usages des drones, et l’Idele partenaire pour la France, pilote celui sur l’élevage. Si les drones sont déjà utilisés dans le végétal, notamment pour le suivi des cultures, « en élevage, nous sommes partis du constat que certains éleveurs commençaient à s’équiper, or il existe un énorme flou réglementaire autour de son utilisation, d’où ce besoin d’évaluer tous les usages possibles, avec une dimension sur ce que permet la réglementation en élevage, tant du point de vue de la technologie que des usages », explique Adrien Lebreton, ingénieur élevage de précision à l’Institut de l'élevage (Idele). Actuellement, le cadre minimal de l’usage d’un drone doit être « en vue, c’est-à-dire globalement à moins de 200 mètres de l’utilisateur. Pour aller au-delà, jusqu’à 1 km voir 2 km, des certifications de pilote de drone sont indispensables », rappelle-t-il. 

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Tests dans deux fermes expérimentales

L’Idele s’appuie sur ses deux fermes expérimentales, celle de Jalony (Saône-et-Loire) et celle du lycée agricole de Carmejane (Alpes-de-Haute-Provence) « pour tester différents usages en élevage bovins et ovins, notamment sur les visites parfois quotidiennes de l’éleveur sur de grandes parcelles avec des lots très dispersés. L’idée n’est pas de remplacer la visite régulière de l’homme, mais de savoir si l’intervention du drone pourrait lui faire gagner du temps en ne l’obligeant pas à venir tous les jours. A nous de voir si le drone peut être un facilitateur de travail pour l’éleveur, mais également de savoir s’il peut réduire la pénibilité de certaines tâches. Notre rôle sera de mesurer les différentes dimensions du travail, en comparant la tournée journalière sans drone et la tournée journalière avec drone », explique encore Adrien Lebreton. 

Les chargés du projet devront également se pencher sur la pertinence de former chaque éleveur à l’utilisation d’un drone, plutôt qu’à déléguer ce type de tâche à un prestataire de service externe. « Demain, une Cuma n’aura-t-elle pas intérêt à acheter un drone et à proposer des services tout au long de la saison pour différentes tâches, aussi bien en céréales qu’en élevage ? », s’interroge ainsi l’ingénieur, qui estime que « le modèle économique devrait être plus facile à atteindre via des Cuma pour des usages collectifs, qu’avec un usage individuel ».