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Les mauvaises nouvelles s’amoncellent autour d’Eurokin, dont Philippe Leclercq affirmait cet été vouloir faire le premier minéralier du sud de la France.
Les Eaux d’Alet, reprises en mai (1), devaient être déclarées en cessation de paiement le 12 novembre au plus tard, à l’heure où nous écrivons ces lignes. « Nous avons dû faire face à des difficultés face à l’association Avenir d’Alet qui fait barrage à tout mouvement, une situation qui génère des assignations en cascade au tribunal administratif. Nous avons par ailleurs découvert que le groupe 3A n’avait jamais été réglé. Enfin, un problème jugé en référé avec la société d’embouteillage de La Barousse a donné lieu à des saisies exécutoires et notre contrat d’affacturage a sauté, nous privant de rentrées d’argent. Le précédent propriétaire (Olivier Sadran, président du Toulouse Football Club, ndlr) est une figure publique de Toulouse et aucun fournisseur n’avait bougé jusque là, mais nous nous sommes retrouvés plongés dans des turbulences qui nous n’attendions pas, explique Philippe Leclercq, le patron d’Eurokin. Je défendrai le redressement judiciaire, les Eaux d’Alet ont un véritable potentiel. Le groupe 3A et La Barousse sont d’accord pour se mettre autour de la table. Quant à l’association, les pouvoirs publics doivent se mobiliser, on ne construit pas une nouvelle usine en 15 jours. »
Des salariés très méfiants
Les 12 salariés d’Alet, dont les préoccupations ont été largement relayées par la Dépêche du Midi s’interrogent sur les intentions réelles du repreneur, mettant en cause son projet industriel et évoquant la possibilité que Philippe Leclercq n’ait vu dans ce dossier que la possibilité de faire un coup.
Soria, Arvie et la Grande source du Volcan
La rupture du contrat avec la société d’affacturage a affecté Soria, reprise par Philippe Leclercq en 2008 après son placement en redressement judiciaire. « Soria se redresse doucement et a malheureusement été prise dans la tourmente. Mais nous sommes dans les clous du plan de continuation », assure-t-il.
Quant à Arvie, reprise à Danone en juin (2), la relance ne sera pas aussi rapide que prévu, mais Philippe Leclercq annonce que la production va vraiment démarrer en 2011. Le retard serait en partie dû à un litige avec le fournisseur Alpla, selon une information de Rayon Boissons.
Dernier dossier compliqué, la Grande source du Volcan qui devait être reprise en 2008 à Aizac et qui est également source de litige. Placée en liquidation judiciaire le 26 octobre suite aux démarches de Thierry Monnet, la société n’a en fait jamais été officiellement acquise par Philippe Leclercq qui souhaite récupérer sa mise, arguant notamment du non respect par le cédant d’une clause de réserve concernant le passif de l’entreprise.
« Nous avons trois marques à fort potentiel avec Soria, Alet et Arvie et nous espérons vraiment les développer malgré les difficultés », conclut Philippe Leclercq.
Pour rappel, Eurokin a réalisé 7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2009, dont 3 millions d’euros en France (le reste étant réalisé en Afrique).
(1) cf Agra Alimentation n° 2111 du 20.05.2010 page 12
(2) cf Agra Alimentation n° 2114 du 10.06.2010 page 26
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