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Perspectives Les échanges mondiaux de viande bovine devraient encore diminuer en 2009

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Perturbés par la crise financière, les échanges mondiaux de viande bovine ont connu un net repli en 2008. Selon les experts internationaux réunis par l’Institut de l’élevage, vendredi 26 juin, 2009 devrait suivre la même tendance, avant une reprise à moyen terme.

En 2008, les échanges de viande bovine dans le monde ont connu une chute de 4 %. « Et la situation en 2009 devrait sûrement être équivalente », a prévenu Philippe Chotteau, économiste de l’Institut de l’élevage, vendredi 26 juin à Paris lors d’une journée d’échanges autour de la question de la production bovine dans le monde organisée par l’Institut et Agribenchmark (réseau mondial d’économistes en agriculture). La viande bovine va donc rester une marchandise qui voyage peu. En 2007, on estimait que pas plus de 13% de la production mondiale était exportée. Seuls trois pays expédient plus de 30% de leur production : le Canada, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.
Le Brésil veut investir pour améliorer sa productivité
Le Brésil, premier producteur mondial, a aussi diminué sa production. La crise financière a limité les investissements, mais le pays se prépare à exporter massivement de nouveau. Pour Sergio de Zen, économiste de l’Université de Sao Paolo, le défi pour les producteurs brésiliens est d’investir dans l’intensification de la production. « Potentiellement, le Brésil peut posséder 84% des bovins du monde sans rendre de terres sur l’Amazonie nie aux cultures », a lancé dans un sourire le Brésilien.
« Mais le Brésil ne cherche pas à concurrencer la production européenne, car cela coûte très cher de produire dans les mêmes conditions, chacun peut trouver sa niche sur le marché mondial » a-t-il soutenu.
L’Australie, deuxième exportateur mondial (avec pour principaux clients le Japon, la Corée, l’Indonésie, la Russie et les États-Unis) exporte des pièces adaptées à la demande de chacun de ses marchés, plutôt que vendre des carcasses. Une stratégie payante : le pays prévoit une augmentation de ces exportations de 18% dans les cinq années à venir. « Le plus gros danger pour le cheptel allaitant européen ce sont avant tout les négociations à l’OMC, estime Philippe Chotteau, il y aura toujours de la viande bovine mais issue du cheptel laitier ».

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