Dans un contexte baissier des ventes d'aliments, les entreprises de nutrition animale, aidées par la réglementation, considèrent la maîtrise des coûts énergétiques en usine comme un levier de développement. Tel était le sujet du symposium Tecaliman, le 24 mars dernier à Nantes.
« L'efficacité énergétique est un levier de performance économique », s'est exclamé Cédric Martin, responsable énergie au service patrimoine, environnement et risques industriels de Terrena, lors du symposium de Tecaliman, le 24 mars à Nantes. Il résume ainsi la réflexion en cours depuis quelques années dans les entreprises de nutrition animale à propos de la maîtrise de l'énergie. « L'énergie, c'est près d'un quart du coût de production (50 à 60% dans la production de granulé). Il s'agit donc d'un levier sur lequel il y a un vrai potentiel », confirme Antoine Bureau, ingénieur projet et responsable énergie à la coopérative Le Gouessant. Et ce dans un contexte où les entreprises de nutrition animale cherchent impérativement à baisser leurs coûts de production. « Nous sommes dans un contexte baissier de nos activités. Aussi nous cherchons des gains sur nos achats d'énergie, même s'ils sont contrebalancés en partie par la hausse des taxes », continue-t-il. « Le facteur énergétique, c'est moins de 1% du chiffre d'affaires. Mais c'est tout de même de l'ordre de grandeur du résultat de l'entreprise », d'après lui. Terrena a annoncé de son côté, lors du symposium, que le groupe aura réalisé d'ici la fin 2015 une économie d'énergie durant trois ans de près de 5 M€. Pour le groupe, la facture énergétique s'élève à 40 millions d'euros par an.
5 M€ d'économie pour Terrena sur une facture de 40 M€
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
« Terrena a pu chiffrer une économie d'énergie possible de l'ordre de 10 à 15% sur ses sites industriels » à la suite d'un audit, explique Cédric Martin. Et « Terrena a la solution technique » pour effectuer ces économies dans les mois à venir, affirme-t-il. Pour Antoine Bureau, « il reste difficile d'évaluer les économies d'énergie possibles dans les process de production car nous changeons régulièrement les mix produit et les formulations pour nous adapter au marché. Cela reste possible sur des opérations ponctuelles, ou encore en consolidant l'ensemble de nos petites actions d'économies d'énergie mais le faire sur tout un site industriel, cela reste pour l'heure compliqué ». Pour autant, la démarche Energie de Terrena, regroupant une équipe de cinquante correspondants dans le groupe, fait rêver d'autres entreprises. Mais ces dernières n'ont pas toutes les moyens du monstre Terrena. Pour autant, Cédric Martin reconnaît la difficulté de chiffrer ces économies d'énergie et leur côté « chronophage », tout comme la nécessité de sensibiliser tous les acteurs dans l'entreprise. Il constate qu'« un gain de 5% d'énergie par an est possible uniquement par la sensibilisation des collaborateurs ». Il envisage parfaitement une économie d'énergie de l'ordre de 30% d'ici à 2030. Pour la Coopérative Le Gouessant, la réflexion porte même plus en amont jusque chez les éleveurs.