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Lait de chèvre Les éleveurs caprins confiants dans la hausse du prix du lait

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Les producteurs de lait de chèvre espèrent obtenir rapidement une augmentation de 50 euros les mille litres de lait dans le cadre de la médiation mise en place par le ministère de l’Agriculture. Une hausse jugée indispensable alors que la collecte s’effondre, et qu’après des années de lutte contre les surplus, la France est dans une situation de quasi-pénurie.

Les éleveurs de chèvre sont confiants dans une revalorisation du prix du lait, obtenue dans le cadre de la médiation mise en place par le ministère de l’Agriculture. « C’est en train d’aboutir, je pense qu’il n’y aura pas de soucis pour une hausse de 50 euros les mille litres de lait », explique Jacky Sallingardes, président de la fédération national des éleveurs de chèvres (FNEC).
Dans un communiqué diffusé le 17 mai, la FNEC demandait « une hausse de 50 € les 1000 litres de lait de chèvre sur toute l’année 2013, que les transformateurs doivent obtenir dans les négociations avec la grande distribution (au-delà des hausses déjà effectuées par les entreprises en début d’année) ».
Le médiateur des relations commerciales avait proposé dans son communiqué du 15 mai que « les opérateurs concernés adoptent un dispositif similaire (à celui destiné aux éleveurs de bovins, NDLR) à l’égard des producteurs de lait de chèvre, également affectés par une conjoncture très difficile. La médiation des relations commerciales agricoles énoncera prochainement les termes financiers de ce dispositif en tenant compte de la capacité contributive de chacun des intervenants dans cette filière ».
Selon Jacky Sallingardes, cette augmentation sera plus facile à obtenir que pour le lait de vache, car le secteur est plus petit et qu’il y a moins de produits différents. Mais il estime que cette hausse ne suffira pas pour compenser celle des charges des éleveurs, qui ont augmenté de 120 euros pour mille litres : « Il faut que d’ici la fin de l’année, on obtiennent une hausse de 80 euros les mille litres, soit les 50 euros de la médiation plus 30 ou 40 euros que les industriels avaient prévu de mettre ».
Selon les chiffres de FranceAgriMer, le prix du lait de chèvre est en hausse au premier trimestre 2013, à 551 euros les mille litres, revalorisé de 33 euros (6%) par rapport à 2012. Des cours qui « ne compensent aucunement la hausse vertigineuse des coûts », explique l’Institut de l’élevage dans sa revue Tendances de mai 2013. L’indice des prix d’achat des moyens de production agricole (Ipampa) était en janvier 2013 à un niveau record, 14% au dessus du niveau atteint lors de la flambée des cours des céréales de 2008. Selon la Fnec, « transformateurs et distributeurs sont tous conscients de l’urgence de revaloriser le prix du lait de chèvre aux producteurs pour éviter l’effondrement de la production en France ».

Une filière à la vie mouvementée

Car les années se suivent et ne se ressemblent pas pour les 6 000 producteurs de lait de chèvre français. En 2008, un plan de relance avait été mis en place par la filière, pour augmenter la production française et faire baisser les importations, qui composaient un quart du lait transformé en France. « Ça a bien fonctionné, mais les industriels ont oublié d’arrêter d’importer », commente Jacky Sallingardes. Résultat, cette situation a créé un excès de produits et des surstocks qui ont fait baisser les prix. Concomitante à l’augmentation du prix de l’alimentation animale, cette baisse du prix du lait de chèvre a eu pour conséquence l’arrêt de nombreux producteurs et une décapitalisation du cheptel d’autres. Après plusieurs années de lutte contre les excédents, la France se retrouve donc aujourd’hui dans une situation de quasi-pénurie de lait de chèvre.
Selon l’Institut de l’élevage, « la collecte de lait de chèvre a continué de chuter en début d’année ». Après avoir diminué de 8% en 2012, la collecte de février 2013 a été de 16% inférieure à février 2012. Le cheptel de reproductrices a baissé de 5% en 2012, après 4% en 2011. En deux ans, ce sont environ 100 000 animaux qui ont disparu. Si les importations ont bondi de 14% en février pour compenser, les disponibilités sont également limitées en Espagne comme aux Pays-Bas, fournisseurs habituels.

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