Abonné

Doux Les éleveurs de Doux ne signeront pas de contrats au rabais

- - 4 min

Après l’annonce de la baisse des restitutions à l’export de volailles, le groupe Doux a décidé de baisser le prix payé aux éleveurs. Levée de bouclier de l’aviculture française qui appelle à ne pas signer de contrats au rabais et demande aux pouvoirs publics une réunion d’urgence.

«Nous appelons les éleveurs à ne pas signer les contrats », a déclaré André Lorieu, vice-président de l’Association des éleveurs de Doux du Chantonnay, le 29 janvier. Le groupe Doux a fait savoir aux éleveurs qu’une baisse du prix de rachat de 40 euros la tonne serait effective à partir des abattages du 4 février. Pierre-Yves Lozahic, président de la section avicole de la FDSEA des Côtes d’Armor et éleveur pour le groupe Doux, ainsi que la majorité des 240 éleveurs travaillant avec le volailler sont indignés. Près de 120 éleveurs ont rencontré les dirigeants du groupe Doux en Vendée le 31 janvier pour leur faire part de leur intention de ne pas signer des contrats au rabais. « Tout le monde est resté sur ses positions », confie André Lorieu.
Les dirigeants ont fait savoir qu’il n’y aurait pas d’annulation de la baisse des prix avant le prochain comité de Bruxelles sur les restitutions qui aura lieu dans trois mois. Les responsables du Comité régionale avicole de Bretagne (Cravi) demandent, dans un communiqué du 29 janvier, que « les pouvoirs publics réunissent à nouveau la filière régionale le plus vite possible pour trouver une issue la plus rapide possible à la crise qui s’annonce ». Pour mettre fin à ces abus, la Coordination rurale (CR), dans un communiqué du 29 janvier, propose de « rendre l’intégrateur coresponsable des risques financiers qu’il fait courir à l’agriculteur », mais aussi de « créer un statut social particulier pour l'éleveur intégré afin de le protéger et l'indemniser si la situation de l'intégrateur se dégrade ». La FRSEA Bretagne propose, elle, que « les restitutions soient directement versées aux différents maillons de la filière et pas seulement aux industriels concernés ». Pour la FGA (Fédération générale agroalimentaire)–CFDT, il faut un « maintien provisoire des restitutions conditionné à des critères sociaux ».

L’impasse

En attendant de trouver une solution qui « sauverait » les restitutions, pour les dirigeants de Doux, il est hors de question d’annuler la baisse des prix. « Le groupe Doux, à l'instar de toute la filière de la volaille, doit affronter en l'espace de quelques mois une deuxième baisse majeure des restitutions qui existaient pourtant depuis un demi-siècle », a déclaré un porte-parole du groupe volailler en redressement judiciaire. « Le groupe avait pris sur lui de supporter la première baisse dans son intégralité, la deuxième baisse aura des répercussions sur tous les acteurs de la filière », a-t-il ajouté. Face à cet immobilisme, les éleveurs n’ont que peu de solutions. « Si l’éleveur refuse de signer (…), l’entreprise est tenue de mettre en place deux lots aux conditions du dernier contrat signé avant de cesser de livrer l’éleveur », écrivait la FRSEA Bretagne dans un communiqué du 29 janvier. Sauf que l’administrateur judiciaire a bien fait comprendre aux éleveurs qu’ils n’avaient pas intérêt à opter pour cette solution. Cesser de travailler avec Doux n’est pas non plus envisageable. André Lorieu explique que « le juge du tribunal de commerce de Quimper nous a dit que si on allait voir ailleurs, on ne serait pas prioritaire pour les remboursements de créances ».
Le discours moralisateur du tribunal qui soutient que « on ne quitte pas un équipage qui tente de colmater les brèches » est mal reçu par les éleveurs qui ont très peu de marge de manœuvre. « Aujourd'hui, c'est la rémunération de l'éleveur qui part, a regretté Pierre-Yves Lozahic. Il est hors de question d'accepter ça, surtout après tout ce qu'on a vécu ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

La Réunion
Suivi
Suivre