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Filière porcine Les éleveurs de porcs s’alarment pour l’avenir de leur production

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Une réunion, initiée par la FNSEA, s’est tenue le 6 septembre entre fabricants d’aliments, FNP, jeunes agriculteurs de l’Ouest et le syndicat majoritaire. Nombreux sont ceux qui soulignent la future disparition des élevages de porc, sous l’œil d’une prochaine commission de crise dans chaque préfecture de France.

Des commissions de crise devraient bientôt se mettre en place dans les préfectures pour aborder la question porcine, confie Fabien Durand, responsable de la section porc des Jeunes agriculteurs d’Ille-et-Vilaine. Il participait à la réunion des membres de la filière, à huis clos, à l’initiative de la FNSEA, à Rennes, le 6 septembre. Non sans amertume, Fabien Durand estime que pour les fabricants d’aliments du bétail, reporter la hausse des cours des matières premières sur le prix des aliments est « logique ». Il déclare que la hausse du prix à la production du porc, demandée par la FNP (+18c/kg) pour aider les éleveurs, semble « impossible car les abatteurs ne la veulent pas ». L’espoir des éleveurs réside donc dans les déclarations à venir de Bruno Le Maire au salon des productions animales (Space). Le prix de l’aliment moyen du porc devrait monter jusqu’à 250€/t dès mi-octobre. Selon Jean-Michel Serres, président de la FNP, « cette réunion a permis de faire le point sur la situation. Tout le monde partage l’idée qu’avec la conjoncture actuelle, il n’existe pas 36 solutions ».

Une filière inévitablement déstructurée
La FNSEA, au travers de Jean-Michel Lemétayer, est venue « conforter l’action de la FNP », qui consiste notamment à demander une meilleure valorisation de la viande de porc auprès des industriels. Pour Jacques Poulet, directeur du pôle animal de coop de France, absent cependant à la réunion organisée par la FNSEA, « tous les maillons de la filière sont asséchés ». Dans certaines régions, les organisations de producteurs se sont substituées aux éleveurs pour avancer de la trésorerie. « Partout c’est très tendu financièrement », insiste-t-il. Les fabricants d’aliment se sont fait surprendre comme tout le monde et, comme leurs approvisionnements fonctionnent en flux tendu, il leur est difficile de répercuter sur une plus longue échéance la hausse du cours des matières premières. « Une partie des élevages français va disparaître et cela va destructurer la filière, c’est inévitable. C’est une perte de richesse et de valeur ajoutée », constate-t-il. « Les éleveurs des autres pays européens souffrent moins. Pourquoi ? Car ils n’ont pas les mêmes contraintes et taxes que nous, qui vont au final plomber les élevages français. »

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