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Chute des cours  Les éleveurs de porcs tentent un coup de force à l’interprofession

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Excédés par une année et demie de crise, les éleveurs de porcs des pays de Loire ont perturbé une réunion de l’interprofession porcine pour réclamer un accord qui permettrait une remontée des cours. Ils ont aussi demandé que la viande d’origine française soit systématiquement privilégiée dès que le cours déscendrait en dessous de 1,25 euros par kilo. Une réunion à huis clos s’est alors tenue sans les éleveurs et surtout sans les journalistes. Officiellement, aucun accord n’a été conclu.

Les membres de la toute jeune interprofession porcine, qui n’est toujours pas officiellement reconnue, ont fait leur baptême du feu le 22 octobre lors d’une réunion qui se tenait à l’Ofival. Vers 16 heures, une cinquantaine d’éleveurs de porcs des pays de Loire ont fait irruption dans la salle pour « demander des comptes ». Excédés par la faiblesse persistante des cours, ils ont exigé un geste de la part des acteurs de la filière, qui permettrait une remontée du prix au cadran. La fédération des entreprises de charcuterie salaisonnerie (Fict) a été prise à partie, accusée d’être à l’origine des importations de porc espagnol responsables de la crise.

« Si ça ne gène personne, pourquoi ne pas augmenter le cours ? »

Robert Volut, son président, a tenté de calmer le jeu en expliquant n’être « pas gêné que le cours soit à 1,25 euros, du moment que nous parvenons à répercuter la hausse vers la grande distribution ». Discours similaire du côté de la grande distribution, qui affirmait de son côté indexer le prix de vente sur le cours du Marché du porc breton. « Si ça ne gène personne, pourquoi n’augmenterions nous pas le prix du cadran ? » a alors demandé Thony Cesbron, porte parole des éleveurs. Paul Rouche, président du Syndicat national du commerce du porc (Sncp) est alors sorti de son silence : « les charcutiers et les distributeurs peuvent dire ce qu’ils veulent mais le prix au cadran s’établit entre les éleveurs et les abatteurs. Nous voulons bien acheter plus cher à condition que nos clients le fassent aussi ».

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« Surtout n’en parlez pas à la presse ! »

La président de la fédération nationale porcine, Jacques Lemaître a alors proposé une hausse de 20 centimes sur la longe et les jambons sortis des abattoirs, en échange d’une hausse de 25 centimes du cours du cadran. Le président de l’interprofession, Guillaume Roué, a alors décidé d’organiser une réunion à huis clos pour voir si un tel accord serait possible. L'a-t-il été ? Difficile de savoir si la réponse était positive ou négative, d'autant que Guillaume René avait donné pour consigne « Surtout, n'en parlez pas à la presse ». Le président d’Inaporc avait sans doute en mémoire l’amende considérable infligée à la FNSEA pour entente illégale sur la viande de boeuf. Quoiqu'il en soit, le cours du cadran le lendemain était reconduit au même niveau. Mais il a aussi été question, lors des discussions publiques, de privilégier systématiquement les viandes étiquetées VPF (Viande de porc française) dès que le cours descendait sous la barre de 1,25 euros. On ignore le sort qui fut réservé à cette proposition.