Réunis en assemblée générale à Paris, les éleveurs d’ovins ont interpellé leurs représentants pour obtenir un «rééquilibrage de leurs aides» par rapport à celles des autres productions. De son côté, la FNO a annoncé le lancement d’une réflexion sur une nouvelle offre et de meilleures segmentations de la viande ovine pour les consommateurs.
«Priorité : revenu ! » avait annoncé la Fédération nationale ovine (FNO) pour thème de son assemblée générale le 12 avril à Paris. Mais visiblement les éleveurs et leurs représentants n’ont pas été totalement d’accord sur la définition à donner. « La hausse du revenu doit passer par le produit et sa valorisation » a souligné Bernard Martin, le président de la FNO. Actuellement, la filière et l’agence de conseil en marketing et en communication Comaral travaillent sur « une redéfinition de la vision de l’agneau par les consommateurs ». Au menu : « offre nouvelle et vision nouvelle » de la viande ovine, mieux segmentée en magasins, en s’appuyant sur le savoir-faire des Anglais et des Irlandais, grands spécialistes de l’’agneau. La mise en place de cette nouvelle offre segmentée de l’agneau français pourrait voir le jour en 2008, selon Comaral.
Une prime PBC découplée à 50 %
Mais pour les éleveurs, un meilleur revenu, ça passe aussi par des aides « distribuées à parité ». « Nous voulons un rééquilibrage des aides par rapport aux autres productions » interpelle un éleveur dans la salle. « Que fait la FNO ? » demande un autre, qui déplore « l’absence d’équité dans les soutiens » avec les éleveurs de bovins notamment. « Les évolutions de revenu des éleveurs de bovins ne sont dues qu’aux récentes hausses de prix » répond le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer. Il n’empêche, avec une prime PBC (Prime Brebis et Chèvre) à 14 euros par brebis, les éleveurs d’ovins estiment être « les laissés-pour-compte » de la distribution des aides agricoles. Pour mémoire, la PBC a été découplée à 50 % alors que la PMTVA est restée couplée à 100 %. « Il faut vous battre ! Vous n’avez pas été capables d’obtenir le paiement des aides en même temps que les autres » déplore une agricultrice « déçue ». « Oui au débat, mais pas de division entre nous » calme Serge Préveraud, secrétaire général adjoint et responsable de la charte de relance ovine.
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Politiques contractuelles
« Faites-nous des propositions concrètes ! » lance à l’assemblée un Jean-Michel Lemétayer chahuté. « Voulez-vous des aides compensatoires de prix, auquel cas il faut redistribuer le montant global, ou alors des aides du second pilier ? » demande-t-il, en assurant les éleveurs de son soutien sur le principe. Même avis du côté des Jeunes agriculteurs. Samuel Gaborit, secrétaire général adjoint du syndicat, reconnaît qu’il faut « un rééquilibrage des aides », mais met en garde contre des « compétitions entre éleveurs ». « Je suis favorable à des politiques contractuelles. Certains candidats à la présidentielle parlent de remettre en place les CTE. On peut s’en réjouir mais il faut que cette planche à billets soit au service de tous » affirme Jean-Michel Lemétayer. Selon la FNO, seuls 3 000 à 4 000 CTE avaient vu le jour sur un total de 40 000 éleveurs d’ovins. Plus réalisables qu’une redistribution des aides du 1 er pilier au détriment des autres productions, les aides agri-environnementales du second pilier, pourraient être une piste de « compensation » pour les éleveurs d’ovins. La marge de manoeuvre de la FNO sera tout de même assez étroite... En attendant, Bernard Martin réclame haut et fort dans son discours de clôture « l’équité de revenus pour les éleveurs par une réévaluation des compensations », notant bien « l’appui » du président de la FNSEA.