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Ovins Les éleveurs d’ovins posent la question de la pluriactivité

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Lors de l’assemblée générale de la Fédération nationale ovine (FNO), qui se tenait à Biarritz le 26 avril, les professionnels de la filière ont rappelé le contexte de 2012 : baisse de la production, hausse des coûts de production et maintien du prix élevé des agneaux. Face à une conjoncture imprévisible, la question de la pluriactivité a été débattue.

«La production française d’agneau a reculé de 6,5% par rapport aux niveaux de 2011 », selon une étude de l’Institut de l’élevage. Ce bilan a aussi été annoncé lors de l’assemblée générale de la Fédération nationale ovine (FNO) qui se tenait à Biarritz le 26 avril. En outre, les coûts de production se sont maintenus à des niveaux élevés. « En moyenne sur l’année, l’Ipampa (Indice des prix d’achat des moyens de production agricole) ovins viande était ainsi supérieur de 4,8% à son niveau de 2011 », selon les experts de l’Institut de l’élevage. Néanmoins, les professionnels ont aussi constaté que le prix des agneaux est resté à des niveaux élevés. Face à un contexte difficilement prévisible, la question de la pluriactivité des éleveurs d’ovins a été débattue autour d’une table ronde intitulée « Eleveurs ovins demain ».

Pluriactivité

Et pour cause, « une simple stratégie patrimoniale ne suffit plus pour convaincre un banquier », a déclaré Valéry Élisseeff, directeur de la Société des agriculteurs de France (SAF) lors de la table ronde. Il poursuit en affirmant que les diplômes et les aides ne sont plus suffisants pour convaincre les banques. Une idée commune semble avoir émergé : l’éleveur d’ovins de demain doit avoir plusieurs cordes à son arc. C’est le cas de Philippe Lacube, éleveur d’ovins qui a diversifié des activités de tourisme et de restauration autour de son métier principal. « Mettre un euro dans une démarche de communication, c’est aussi important que de mettre un euro dans une machine agricole », a-t-il soutenu. Son exemple a été repris par Jean-Guillaume Bretenoux, conseiller technique chargé des filières animales et agroalimentaires au cabinet de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture : « Il nous faut identifier et diffuser des initiatives prises localement et qui fonctionnent ». C’est le cœur de la politique « Produire autrement » chère à Stéphane Le Foll. Un programme que Xavier Beulin, président de la FNSEA, a commenté à Biarritz : « Produire autrement, oui. Mais pas pour ne faire plaisir qu’aux écolos. Il faut produire plus et mieux ».

Pour une aide couplée forte

« Après des années assez difficiles, le rééquilibrage des aides a été une victoire pour les éleveurs ovins », affirme le président de la FNO Serge Préveraud : « Plus qu’une bouffée d’oxygène pour le revenu des éleveurs, il a donné l’impulsion pour lancer tout un programme de redynamisation de la production : contractualisation pour sécuriser le prix, lancement du projet reconquête ovine pour améliorer la technicité des éleveurs, la formation des jeunes et renouveler les générations...» Pour autant, une aide couplée forte est plus que jamais indispensable, affirme le président de la FNO.
« C’est pour cela, explique-t-il, que l’élevage ovin n’est plus seulement un projet technique, c’est un projet d’entreprise global. »

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