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Lait Les éleveurs laitiers restent perdants de la réforme de la Pac, selon la FNPL

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La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) regrette que les éleveurs laitiers restent les perdants de la réforme de la Pac, et espèrent agir sur les derniers leviers qu'il reste à actionner. Concernant le prix du lait pour 2013, les tensions restent vives dans certaines entreprises. La FNPL a d'ailleurs proposé des amendements dans la loi d'avenir agricole pour améliorer les relations commerciales.

SUITE aux annonces du ministère de l'Agriculture concernant la répartition des aides couplées de la Pac en France, Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), estime que les éleveurs laitiers « auraient pu espérer mieux » et « restent perdants dans la réforme de la Pac ». Si la FNPL se félicite de son action pour la création de l'aide couplée à la vache laitière, elle affirme que « l'occasion est manquée pour cette enveloppe de couplage alors que la production laitière est synonyme de qualité et d'emplois ».

Pour compenser, Thierry Roquefeuil demande au ministre d'orienter l'enveloppe des 2 % de couplage pour la culture de protéines végétales vers la production de lait, avec l'obligation pour en bénéficier d'avoir des animaux, ainsi qu'un plan de modernisation conséquent dans le second pilier de la Pac consacré au développement rural.

Le prix du lait pose toujours problèmes

Concernant le prix du lait, Thierry Roquefeuil regrette que « si certaines entreprises avancent, l'attitude d'autres ne nous satisfait pas ». Citant Lactalis et Danone, il dénonce des transformateurs qui « ne veulent pas parler aux producteurs ni appliquer les contrats ». Les discussions devaient reprendre jeudi 19 décembre entre Lactalis et l'UNELL (Union nationale des éleveurs livreurs Lactalis). Cette dernière demandent à l'entreprise de « respecter le contrat qu'elle a signé avec ses producteurs » et de prendre en compte les indicateurs de marché dans la détermination du prix du litre de lait.

« Il est impensable que les entreprises ne se mettent pas dans la dynamique que l'on est en train de créer : dans un an, il n'y a plus de quotas, il faut que les entreprises comprennent que les producteurs veulent bâtir une relation dans l'intérêt de la filière », développe Thierry Roquefeuil. La revendication de la FNPL est d'un prix annuel moyen supérieur de 31 euros par rapport au prix 2012.

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Des amendements dans la Loi d'avenir

Alors que le projet de loi d'avenir agricole doit être étudié par les parlementaires en janvier, la FNPL a proposé trois amendements, qui sont, selon elle, portés par le rapporteur Germinal Peiro. La FNPL demande la possibilité de « class action », des actions de groupe pour les producteurs, afin de donner la possibilité pour les organisations de producteurs (OP) d'agir en justice dans le cadre de la contractualisation. Un autre amendement propose de prédéterminer dans les contrats qu'il puisse y avoir un arbitrage en cas de litige, et un dernier veut faire inscrire le prix initial du lait dans les contrats.

L'interprofession ouverte aux minoritaires

Par ailleurs, Thierry Roquefeuil a annoncé que le Cniel, (l'interprofession laitière, dont il est également président), avait concrétisé mardi 17 décembre l'ouverture des interprofessions aux syndicats minoritaires. Selon lui, la Confédération paysanne a accepté de siéger. Véronique Le Floc'h, présidente de l'organisation des producteurs de lait (OPL) de la Coordination rurale, explique « vouloir y participer ». Elle attend la promulgation de la loi d'avenir agricole, qui contiendra des dispositions sur le sujet, et espère pouvoir « rediscuter » certains aspects concernant la représentativité.

Thierry Roquefeuil précise que cette ouverture « n'est pas un strapontin, mais la possibilité de s'associer à l'ensemble des travaux de l'interprofession. La finalité est que l'ensemble des producteurs se retrouvent dans les choix que nous faisons ». Les Jeunes agriculteurs entrent quant à eux officiellement dans la représentation de la FNPL.