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Manifestations Les éleveurs laitiers se mobilisent pour obtenir une hausse de leurs revenus

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Face à ce qu’elle qualifie d’insupportable hausse des charges, la FDSEA du Finistère a fait part de ses solutions, le 18 février, en réunion publique. Cette réunion a été suivie d’une manifestation spontanée qui a rassemblé près de 300 éleveurs, avant de rapidement déborder. La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) espère, elle, profiter du Salon de l’agriculture pour faire entendre ses revendications auprès du président de la République.

La manifestation spontanée de près de 300 éleveurs à Quimper, lundi 18 février, a provoqué de gros dégâts en ville. Feux tricolores arrachés, arbres tronçonnés, panneaux arrachés... la ville de Quimper estime son préjudice à 130 000 €, le conseil général à 80 000 €. Les deux collectivités ont annoncé leur intention de porter plainte contre X « et de demander une indemnisation de l’Etat ». Une autre plainte contre X a été déposée par France 3, la caméra d’une équipe de deux femmes journalistes ayant été détruite. Ces débordements trahissent le « vrai malaise qu’il y a dans les campagnes », raconte Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère. Mais, même s’il « comprend » la colère des éleveurs, le responsable de la fédération a tenu se dégager de cette manifestation le plus rapidement possible en affirmant dans un communiqué du 20 février que la FDSEA n’avait « pas fait d’appel à la mobilisation ». Une mobilisation à laquelle ont pourtant participé des administrateurs de la centrale agricole du Finistère, comme Serge le Doaré, également membre du bureau de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait). « Je ne peux pas être indifférent aux gens qui se rassemblent à 500 mètres de chez moi », explique-t-il. Mais Thierry Merret fustige son attitude et estime que « ceux qui ne sont pas contents peuvent quitter la fédération ». L’Apli, de son côté, commence à envisager d’épandre du lait, comme lors de la crise du lait de 2009.

La FDSEA du Finistère rencontre les pouvoirs publics

Pour désamorcer la tension des éleveurs laitiers, la FDSEA a rencontré le même jour le préfet et les représentants des entreprises laitières du département. L’occasion pour l’organisation syndicale de faire entendre ses revendications. L’écart entre un coût de production à 350 €/1000 l et un prix payé en prix de base de 312 € place les éleveurs « dans une situation plus grave que celle de 2009, car les trésoreries sont à sec », souligne François Plougastel, président de la section laitière. Le syndicat finistérien plaide pour un meilleur encadrement des pratiques commerciales passant par l’évolution de la Loi de modernisation de l’Economie (LME) et l’activation des accords du 3 mai 2011. Sur l’organisation de la production, FDSEA et JA du Finistère veulent obtenir de l’Etat qu’il soutienne avec obstination la création d’organisations de producteurs et d’association d’OP, par une politique incitative prévoyant « des aides au démarrage et au fonctionnement pour les OP dûment reconnues », et en réservant certaines aides aux producteurs d’adhérents d’OP. Le syndicat finistérien appuie de surcroît sans réserve le projet de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait) de demander l’application de la clause de sauvegarde au maillon de la production pour faire valoir, auprès des laiteries, la hausse des charges.

La FNPL interpelle François Hollande

Impulsées par le bureau national de la FNPL dans plusieurs départements, ces « tables rondes préfectorales » avaient d’ailleurs pour but d’interpeller le ministre de l’Agriculture en ce sens. Depuis plusieurs mois, la fédération se bat pour indexer la rémunération des éleveurs sur leurs coûts de production, sans succès. L’organisation professionnelle perd également patience face à la lenteur du ministère à agrémenter les organisations de producteurs, à l’instar de la Confédération paysanne (voir encadré). De toute évidence, le marché laitier ne fonctionne pas, martèlent les organisations professionnelles, et pourtant, les mesures gouvernementales tardent. La FNPL avait également appelé la transformation et la grande distribution à prendre leurs responsabilités en rehaussant les prix à la production. Mais, encore une fois, la demande a été rapidement balayée par le reste de la filière. L’industrie argue que la distribution refuse toute négociation, la distribution clame que le consommateur n’est pas prêt à payer plus cher des produits laitiers en cette période économique difficile. Mais la FNPL ne baisse pas les bras et compte bien profiter du Salon de l’agriculture pour faire entendre ses revendications. La fédération devait envoyer le 22 février, à la veille de l’ouverture du salon, une lettre ouverte à François Hollande pour faire prendre conscience au président de la République des difficultés rencontrées par les éleveurs laitiers.

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