Près de 10 000 éleveurs sont attendus le 16 septembre lors d’une manifestation à Clermont-Ferrand pour demander une relance de l’élevage herbager. L’évenement est organisé par la FRSEA et les Jeunes agriculteurs du Massif central. La manifestation vise à appuyer les possibilités de soutien à l’élevage extensif dans le cadre de la Pac. Les éleveurs comptent obtenir des avancées lors du bilan de santé de la Pac et lors de la conférence française sur les revenus, dont le principe a été prévu par le ministre de l’Agriculture pour mi-octobre.
«L’herbe a été oubliée dans la réforme de 1992 », affirme le président de la FRSEA Jacques Chazalet, qui constate que celle de 2003 n’a rien arrangé. Selon lui, les éleveurs sont bloqués entre les contraintes écologiques qui conditionnent les aides actuelles de la Pac, et les prix des aliments du bétail utilisés en rations complémentaires ou, souvent, en ration de base pour les animaux. Du coup, leur revenu est en berne. Les résultats nets d’exploitation dans le Massif central ont baissé de plus de 9% en moyenne dans la région et se trouvent en queue de peloton en valeur absolue parmi les agriculteurs.
« Manque de compétitivité évident »
A qui la faute ? A l’évolution de la Pac, répondent les éleveurs et à la volonté de Bruxelles de faire évoluer les soutiens afin de les rendre compatibles avec l’OMC. D’où le démantèlement des outils de régulation de marché et le découplage des aides. A cela s’ajoutent les effets de la réforme de 1992 qui s’est concentrée sur les grandes cultures, pensant améliorer la situation de l’élevage en réduisant les prix des fourrages. C’était oublier la situation des systèmes herbagers « confrontés à un manque de compétitivité évident par rapport aux systèmes plus intensifs ». La prime à l’herbe a bien été instituée pour compenser la différence, mais les contraintes environnementales (il s’agit d’une aide du second pilier, soumise à des conditions écologiques) ont, selon Jacques Chazalet, obligé encore à extensifier et donc à réduire la compétitivité des produits qui sont issus de cet élevage. S’ajoute à cela, aujourd’hui, la hausse des cours des céréales qui vient grever le revenu de ceux qui utilisent des aliments composés.
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Bilan de santé
Si la Pac est responsable des problèmes, elle peut être à l’origine des solutions. La FRSEA demande principalement que les aides à l’herbe deviennent des aides « économiques », rendant rentables cette production. Elle veut appuyer, en somme, les efforts du ministre de l’Agriculture pour obtenir une aide à l’élevage extensif dans le cadre du premier pilier de la Pac. C’est un des sujets prévus dans le bilan de santé de la Pac. Jacques Chazalet évoque une moyenne de 200 euros par hectare, sans aller jusqu’aux 300 euros que demandait la Fédération nationale bovine il y a quelques mois. Elle compte aussi sur des dispositifs français qui pourraient être discutés dès la rencontre sur les revenus agricoles. Une rencontre dont le principe avait été retenu par Michel Barnier en juin dernier et qui pourrait se tenir mi-octobre. En attendant, près de 10 000 éleveurs sont attendus à Clermont-Ferrand lors d’une manifestation où Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA et Xavier Beulin, vice-président, seront présents.