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Relance bovine Les éleveurs regrettent « le manque de volonté » de l’aval

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Par le truchement d’un communiqué, la Fédération nationale bovine (FNB) a regretté le « le manque de volonté » de l’aval de la filière de relancer, via la contractualisation, la production bovine. Une réunion de l’interprofession Interbev qui devait avoir lieu le 20 mars, a dû être annulée faute de la présence de plusieurs organisations. Le Sniv-SNCP (Industriels de la viande) temporise en remarquant qu’il s’agissait d’une simple réunion de bureau. Le syndicat indique sa volonté de prendre le temps de négocier sur des sujets aussi importants que le prix de la viande bovine.

Boycott ou simple impossibilité de se rendre à une réunion de bureau ? Boycott ou indifférence, selon la Fédération nationale bovine : elle alertait le 21 mars sur une réunion interprofessionnelle de la filière viande bovine qui devait se pencher sur les capacités du secteur à relancer la production et conforter l’emploi. Une réunion annulée, pourtant, selon la FNB suite à l’absence de certaines fédérations « et au manque de volonté de l’aval », explique son communiqué. La fédération exprime « sa profonde incompréhension face à l’attitude de l’aval de la filière, et déplore l’absence de réflexion stratégique de certains de ses membres ». Et de regretter d’autant plus cette attitude que « cette réunion était essentielle pour fournir aux pouvoirs publics des bases sur lesquelles construire le plan de relance de la production » annoncée en conseil des ministres le 6 mars.

Les jeunes agriculteurs insistent

À leur tour, les jeunes agriculteurs sont revenus sur le sujet le 21 mars dans un communiqué. Ils y affirment que « la filière viande bovine a laissé filer une enveloppe de 8 millions d’euros l’année dernière, faute de pouvoir proposer un cadre solide pour l’engraissement et la contractualisation ».
Évoquant des « attitudes individualistes », les JA affirment que « certains font la fine bouche en refusant de se rendre au “travail”. Le SNIV qui se plaint de manquer de bêtes, devrait pourtant avoir du temps libre… Et Coop de France qui la joue individuel au ministère… ».

Le Sniv-SNCP temporise

Il n’y a pas de manque de volonté de développer la filière, temporise Pierre Halliez, directeur du Sniv-SNCP. Selon celui-ci, cette réunion n’était annoncée que comme une réunion de bureau de l’interprofession, sans rôle décisionnel particulier. Une réunion à laquelle, effectivement, le président du Sniv-SNCP n’a pas pu se rendre en raison d’obligations concernant son entreprise, Bigard. Pierre Halliez assure qu’il n’y a aucune volonté d’obstruction mais qu’au contraire, la contractualisation et ses aspects concernant les prix méritent une négociation technique et politique à laquelle il faut donner du temps. Et Pierre Halliez de se demander s’il n’y a pas, de la part des éleveurs, « la volonté d’instaurer un rapport de force » qui ne lui semble pas approprié dans le cas présent. Selon lui, la négociation mérite encore plus d’y consacrer du temps avec l’apparition du « projet de caisse de sécurisation des prix », à l’initiative des éleveurs. Selon les industriels, deux dossiers paraissent particulièrement urgents concernant l’élevage : l’installation de jeunes agriculteurs ; l’utilisation des fonds publics, lorsqu’il y en a, « de manière structurante ».

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