Le 6 mars, le conseil général du Tarn devait choisir une alternative au projet de retenue d'eau à Sivens. A quelques semaines des départementales, le dossier a un arrière-goût d'élections dans un contexte social très tendu.
« On laisse le conseil général décider », se sont mis d'accord les professionnels du monde agricole majoritaire (FNSEA, JA et Chambres d'agriculture ). Du côté des pouvoirs publics centraux, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, a toujours dit que la décision échoit au conseil général. Le conseil général, isolé, doit décider alors que les revendications deviennent très fortes, d'un côté comme de l'autre. S'il ne s'immisce pas dans le choix du projet, le gouvernement a dû intervenir pour gérer les manifestations. Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, a appelé « solennellement à l'apaisement et à la responsabilité de chacun », le 5 mars, veille de la réunion décisive du conseil général du Tarn sur le dossier Sivens. Il a aussi ordonné à la préfecture d'interdire toute manifestation pour éviter des confrontations entre pro et anti-barrage le 6 mars. Alors que les débordements et les communications se multiplient dans les deux camps, Xavier Beulin, président de la FNSEA, a appelé les agriculteurs « au calme et à la responsabilité » qualifiant la situation « d'explosive ». Dominique Barreau, secrétaire général de la FNSEA, est exaspéré : « C'est pitoyable. On a besoin d'eau dans le Sud-Ouest. Les zadistes et tous ceux qui les soutiennent ne sont pas des locaux ». Tous les agriculteurs ne sont pas pour le barrage. La Confédération paysanne y est opposée. Philippe Maffre, l'un des représentants locaux du syndicat minoritaire, décrit surtout une situation « irrationnelle ».
Fin des discussions le 6 mars
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Pour mettre fin aux tensions et faire que la raison l'emporte, selon les termes de la Confédération paysanne, les élus du Tarn devaient choisir le 6 mars entre plusieurs solutions. Les Bouilles (collectif zadiste) sont contre le projet initial et les deux propositions alternatives (une version allégée du barrage ou trois petites retenues latérales). La Confédération paysanne souhaite l'abandon de tout ouvrage sur le site actuel et se prononce pour les retenues collinaires de taille adaptée. La FDSEA du Tarn, les Jeunes agriculteurs du Tarn et la Chambre d'agriculture se sont mis « d'accord » pour ne pas prendre position. « On laisse le conseil général décider », insiste Philippe Jougla.
Thierry Carcenac (PS) est président du conseil général du Tarn depuis 1991. Les élections départementales les 22 et 29 mars prochain n'auront pas de conséquences, a priori, quant au projet qui devait être décidé le 6 mars. Par contre, l'issue du conflit de Sivens pourrait se traduire dans les urnes. Philippe Folliot (UDI), principal concurrent de Thierry Carcenac soutient les actions des agriculteurs du syndicat majoritaire. Le sujet local, agricole et environnemental est devenu électoral. Il pourrait bien avoir raison du parti socialiste à la tête du département du Tarn depuis plus de 20 ans.