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UE/Vin Les entreprises européennes dressent leur « shopping list » pour le commissaire Ciolos

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Développer davantage les exportations européennes, approfondir dans la même direction la réforme de l’OCM Vin et promouvoir une consommation responsable de vins. Tels sont les trois axes d’orientations prioritaires que le Comité européen des entreprises de vins (Ceev) juge indispensables pour la reprise durable de la compétitivité du secteur en Europe. Priorités que le lobby du vin européen vient de présenter au commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos.

Dans le contexte actuel difficile, marqué par la crise économique et la concurrence internationale, le Comité européen des entreprises de vins (Ceev) a présenté récemment au commissaire européen à l’agriculture, Dacian Ciolos, une série de recommandations visant à renforcer la compétitivité de la filière européenne. En premier lieu, les orientations prises par la réforme de l’OCM Vin doivent être poursuivies et même approfondies afin de permettre à l’Europe de regagner la place de leader qui est la sienne sur les marchés. Il convient notamment de poursuivre la réorientation des investissements de l’OCM en priorité vers des mesures dynamiques (outils de production et de commercialisation, promotion par exemple), moyennant des améliorations pour la gestion de la réforme et le suivi des marchés, notamment en privilégiant des solutions structurantes pour toute la filière européenne plutôt que des mesures dispersées. Les orientations de la future réforme de la PAC post-2013 doivent également suivre ce même cadre afin de poursuivre la modernisation du secteur et de l’orienter davantage vers le marché. « Le déploiement cohérent et équilibré de la réforme vitivinicole doit être entièrement respecté. Il faut conserver ce nouveau cadre et sa philosophie, construits à partir de la demande des consommateurs et des marchés plutôt que sur la surproduction et l’offre », a souligné Lamberto Gancia, président du Ceev.

Doper les exportations sur le marché mondial
Développer davantage les exportations de vins européens doit constituer le deuxième axe prioritaire des actions de l’Union européenne. Cette dernière est invitée à mener une politique commerciale européenne « ambitieuse et gagnante », qui soit en mesure non seulement d’améliorer la protection des indications géographiques européennes mais également de développer l’exportation des nouvelles IGPs et vins sans IG avec indication de cépage et millésime conformes aux nouvelles règles de l’OCM Vin. Ces exportations doivent viser en priorité les principaux marchés étrangers et en particulier l’Inde, les Etats-Unis, le Canada, le Vietnam, la Corée du sud et les pays du Mercosur.
Promouvoir une consommation modérée et responsable du vin en Europe est la troisième priorité avancée par le Ceev auprès du commissaire européen Dacian Ciolos. Ce dernier est invité à s’engager à soutenir davantage des initiatives d’information et d’éducation sur la consommation modérée et responsable de vin – tel que le programme « Wine in moderation- Art de vivre »(lancé par le Ceev) – afin de contribuer aux actions de protection des consommateurs et à la santé publique.

L’industrie veut aussi surfer sur la vague « bio »
Le Ceev a profité de la rencontre avec le commissaire européen pour lui réaffirmé tout le mal qu’il pense du projet de règlement pour la définition des « vins biologiques », actuellement en discussion avec les Etats membres. L’industrie du vin considère que l’approche de la Commission dans ce dossier est « arbitrairement et exagérément restrictive », selon le Ceev. Elle empêcherait la filière de produire des vins biologiques dans de bonnes conditions pour répondre à la demande des consommateurs en quantité et qualité satisfaisantes. Ce projet entraverait aussi « le bon développement de la viticulture biologique en Europe », pénalisant les investissements réalisés par la filière bio depuis plus de 20 ans, « sans pour autant apporter de valeur ajoutée réelle en termes de protection des consommateurs, de santé publique et d’environnement », soulignent les patrons du Ceev. « La solution la plus raisonnable serait de rendre équivalents autant que possible les “vins biologiques” aux “vins issus de raisins biologiques” existant actuellement », a indiqué José Ramon Fernandez, le secrétaire général du Ceev. Selon lui, les « vins issus de raisins biologiques » seraient étiquetés comme « vins biologiques » et porteraient le nouveau logo biologique de l’UE à partir du 1er juillet 2010. « Toute restriction supplémentaire devrait être volontaire, non discriminatoire et devrait être gérée et communiquée aux consommateurs selon un système privé et volontaire », affirme le secrétaire général.

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