La récente mise au point de la sélection génomique qui permet de prédire les caractères d’un animal à partir de son ADN, va fortement modifier les pratiques des entreprises de sélection de ruminants. De nombreuses questions se posent : quels nouveaux acteurs vont faire leur apparition ? Toutes les races pourront-elles en profiter ? Et surtout comment les consommateurs vont réagir ?
Les entreprises de sélection animale connaissent avec la mise au point de la sélection génomique une véritable révolution. Seulement, à nouvel outil, nouveau mode d’emploi. Le premier congrès de France Génétique élevage (interprofession de l’amélioration génétique des ruminants) qui s’est tenu le 18 février à Paris, a permis d’apporter un éclairage sur les changements à attendre de cette innovation. « Nous allons vers un bouleversement total de nos métiers », a prévenu son président, Serge Paran.
Des investissements nécessaires dans les entreprises
Grâce à ses travaux de recherche entamés de longue date, la France est aujourd’hui placée parmi les leaders mondiaux de la génomique. Une méthode qui permet de prédire les qualités des animaux (production de lait, résistance aux maladies...) sur la base de leur ADN. L’apparition de cette technique a fortement diminué le coût d’investissement dans un programme de sélection. De nouveaux acteurs, notamment les groupes pharmaceutiques, sont en train d’entrer le jeu. Pour les sélectionneurs, la génomique va permettre de diviser par quatre le nombre de taureaux en stock. « Les taurelleries vont se retrouver en surcapacité, ce qui va demander des investissements de restructuration », a indiqué Serge Paran.
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Et les consommateurs ?
La question des petites races (abondance, Aubrac...) se pose également, sauf à se regrouper au niveau mondial elles vont avoir du mal à atteindre un troupeau de référence de taille suffisante pour mener des travaux d’identification des gènes. Pour l’instant ce sont surtout les vaches laitières qui ont profité des innovations, les critères de sélection des races à viande doivent encore être déterminés. Enfin, dernière question et non des moindres, comment faire accepter cette nouvelle technologie aux consommateurs ?