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UE/Commission Les eurodéputés confirment Dacian Ciolos en tant que nouveau commissaire à l’agriculture

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Le Parlement européen a confirmé le Roumain Dacian Ciolos comme nouveau commissaire européen à l’Agriculture, en remplacement de la Danoise Mariann Fischer Boel. La DG Agri de la Commission européenne sera conduite pour la première fois – et pendant 5 ans – par un commissaire originaire de l’Est, la Roumanie, un pays qui a adhéré à l’UE en 2007 et n’a pas encore achevé son intégration dans la Politique agricole commune (Pac).

Dacian Ciolos a été parmi les candidats commissaires européens les mieux appréciés lors de leur examen oral devant le Parlement (appui unanime de tous les groupes politiques et même applaudissements à plusieurs reprises). Il sera aussi le plus jeune commissaire dans le nouvel Exécutif européen, pendant le second mandat du Président José Manuel Barroso (2010-2014).
Formé en agronomie, Dacian Ciolos, a étudié et travaillé en France pendant de longues années sur des projets liés à l’agriculture et aux développement rural. Il a également travaillé comme économiste à la Direction de l’agriculture de la Commission pour les programmes SAPARD (qui avait pour mission d’adapter les structures agricoles des pays candidats à l’UE à la politique agricole de l’UE). En octobre 2007 il a été nommé ministre de l’agriculture de son pays, suite à la démission de son prédécesseur, Traian Remes, pour une affaire de corruption. Dacian Ciolos est resté en fonction jusqu’à la fin de 2008 puis est revenu à Bruxelles où il a notamment représenté son pays au sein du Comité spécial sur l’agriculture (CSA), organe préparatoire des décisions du Conseil des ministres de l’UE.
Le principal défi durant le mandat du nouveau commissaire sera la réforme de la PAC qui sera mise en œuvre après 2013 (achèvement de la période budgétaire actuelle de l’UE). Il devrait également s’attaquer au problème croissant de la volatilité des prix agricoles et aux crises auxquelles sont confrontés les producteurs européens et notamment ceux du secteur laitier. La nationalité de Dacian Ciolos et les idées favorables à une certaine régulation des marchés qu’il a déjà exprimées (tout le contraire de l’ultra-libéralisme de la commissaire danoise qui l’a précédé, Mariann Fischer-Boel) redonnent de l’espoir aux organisations agricoles de pays tels que la France et l’Espagne, partisanes du maintien d’une PAC forte.

Inquiétudes injustifiées sur une « supposée influence de la France »
Le nouveau commissaire roumain a qualifié « d’injustifiées » les inquiétudes sur une supposée domination de la France sur sa politique, dans une interview à la télévision publique roumaine TVR. « Ce sont des inquiétudes non justifiées et qui je crois resteront injustifiées dans le futur », a déclaré Dacian Ciolos. Face aux rumeurs distillées notamment par les Anglo-saxons parlant carrément de « french connection » (1), il répond qu’il a pu démontrer dans la formation de son cabinet qu’il est « ouvert aux points de vue de tous les horizons de l’Union européenne ». La meilleure preuve selon lui est d’avoir choisi un porte-parole britannique (Roger Waite, un ancien journaliste) et un chef de cabinet autrichien (Georg Haeusler). Le commissaire roumain a rappelé que s’il est ami avec l’ancien ministre français de l’agriculture, Michel Barnier, aujourd’hui appelé à s’occuper des services financiers à la Commission, « il est aussi ami avec le ministre polonais de l’agriculture et d’autres de ses anciens homologues de pays divers ».

(1) La France et le Royaume-Uni ont des points de vue opposés sur la réforme de la politique agricole commune (PAC), grand chantier qui attend le nouveau commissaire roumain.

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