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Réforme de la Pac Les eurodéputés Verts veulent plafonner les aides directes à 100 000 € par exploitation

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Le groupe des Verts du Parlement européen propose de limiter le versement des paiements directs à 100 000 euros par exploitation, alors que la Commission de Bruxelles préconise, dans son projet de réforme de la Pac, un plafond de 300 000 euros. Il ne se fait pas d’illusions toutefois, car, affirme l’un de ses membres, le Français José Bové, les deux grands partis de l’Assemblée, le PPE (démocrates-chrétiens) et le S&D (socialistes), « essaient de confisquer le débat pour que rien ne change ».

Le « vrai débat » pour la réforme de la Pac, c’est le plafonnement des aides directes à 100 000 euros par exploitation, a estimé José Bové, qui présentait le 18 septembre les propositions des Verts du Parlement européen « pour une réforme plus équitable », aux côtés de l’Allemand Martin Haüsling, membre comme lui de la commission de l’agriculture de l’Assemblée, et de Daniel Cohn-Bendit, coprésident du groupe.
Cette mesure, assurent les Verts, permettrait de dégager une enveloppe de 6,3 milliards d’euros chaque année, soit « près de 5 % du budget de l’UE ». Ce montant devrait, selon eux, être utilisé pour soutenir la reconversion vers des pratiques agricoles durables capables d’anticiper et de s’adapter au changement climatique, ainsi qu’une politique qui renforce l’emploi et l’installation en milieu rural.
Dans le cas de la France, c’est « 1 milliard d’euros qui pourrait être redistribué vers le développement rural, mais aussi pour donner plus pour les premiers hectares d’une exploitation », a précisé M. Bové.
« Au moins 7 % » des terres sans exploitation
L’eurodéputé Vert français a également dénoncé le « gaspillage » que représentent, selon lui, les crédits pour les subventions à l’exportation, soit quelque 200 millions d’euros. Il s’est référé à ce propos à l’entreprise Doux, spécialisée dans le « poulet industriel », dont les exportations ont « rapporté 29 millions d’euros, moyennant 60 millions d’euros de subventions ». Une « arnaque », a-t-il dit.
Il a enfin expliqué que l’UE enregistrait une « balance commerciale négative de plus de 30 millions de tonnes de soja importé des pays tiers pour l’alimentation animale », soit une dépense de 15 milliards d’euros, « alors qu’on peut produire ces protéines dans l’UE ».
Pour sa part, M. Haüsling a estimé que la Commission de Bruxelles allait « encore édulcorer ses propositions de verdissement pendant les négociations ».
« Nous voulons au moins 7 % des surfaces agricoles sans exploitation des terres », a-t-il déclaré, manifestant par ailleurs la crainte que les Vingt-sept opèrent « des coupes claires dans le deuxième pilier du fait d’un cofinancement national élevé ».

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