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Europe/Consommation Les Européens soucieux de l'origine de leurs produits alimentaires

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Une forte majorité d'Européens se disent très attentifs à la qualité des produits alimentaires et ont des attentes importantes en matière de traçabilité. Une majorité d'entre eux est même prête à payer un peu plus cher pour que des informations sur l'origine des produits figurent sur les étiquettes. Ce sont là quelques-uns des principaux résultats de l'enquête Eurobaromètre (1) que vient de publier la Commission européenne, au lendemain de la réforme de la Politique Agricole Commune.

Amenés à qualifier les éléments qui comptent le plus dans leur décision d'achat, les européens sondés lors de l'enquête menée à la demande de la Commission européenne, répondent en majorité privilégier la qualité. C'est le cas pour les produits laitiers (54%). Le prix arrive en deuxième position (22%) devant l'origine du produit (16%) et la marque (5%). La qualité arrive aussi en tête des critères d'achat pour les autres types de viande (56%). mais c'est l'origine du produit qui arrive en deuxième position (20%), devant le prix (18%) et enfin la marque (2%). Toutefois, ils sont une majorité (53% contre 42%), à se dire prêts à payer un peu plus cher (entre 1% et 2% plus cher) pour voir les informations sur le lieu d'origine apparaître sur les étiquettes du lait et des produits laitiers ainsi que sur les étiquettes des autres types de viande. C'est surtout le cas en suède (83%), au Luxembourg (70%), en Finlande (69%), en Allemagne (65%) en France (56%). si la qualité arrive en tête des facteurs d'achat les plus importants dans l'ensemble des catégories sociales (pour les produits laitiers ou la viande), il reste que 27 % des ouvriers se montrent plus sensibles à la question du prix et ce pourcentage est encore plus élevé (34%) chez les européens qui disent avoir le plus souvent des difficultés à payer leurs factures. Les cadres et les européens disant n'avoir presque jamais de difficultés à payer leurs factures se montrent plus sensibles que la moyenne à la qualité et à l'origine des produits.

UNE TRÈS GRANDE MAJORITÉ SENSIBLE À L'ORIGINE DES PRODUITS LAITIERS…

Une large majorité d'européens juge nécessaire de pouvoir identifier le lieu d'origine du lait, qu'il soit vendu en tant que tel ou sous forme de produit laitier : 84% sont de cet avis (contre 15%), et plus d'un européen sur deux jugent même cela « tout à fait nécessaire » (54%). Parmi les informations qu'ils souhaiteraient obtenir, ils citent d'abord le lieu de transformation du lait en produits laitiers (77%) et ensuite le lieu de traite (68%). Ces deux priorités sont citées par de larges majorités de personnes interrogées dans tous les etats membres. On note cependant une attention beaucoup plus forte vis-à-vis du lieu de la transformation que de la traite (plus de 20 points de pourcentage d'écart) en Bulgarie, en Allemagne, en Estonie, en Croatie, à Chypre, en Lituanie, en Hongrie, en Autriche, et en Roumanie. L'attention plus forte vis-à-vis du lieu de la traite que du lieu de la transformation se retrouve en France, République tchèque, Irlande, Luxembourg et Royaume-Uni. Amenés à qualifier ensuite quel niveau de détail ils estiment nécessaire concernant l'origine du lait, les européens jugeant nécessaires de pouvoir identifier l'origine du lait citent d'abord le pays d'origine (73%), devant la région d'origine (54%). La précision sur la provenance UE ou hors UE est moins citée (36%). Le pays d'origine est l'information la plus attendue par les personnes interrogées ayant préalablement jugé nécessaire de pouvoir identifier la traçabilité du lait dans l'ensemble des états membres, à l'exception de l'Allemagne. La région est plus citée en Allemagne (71%), en France (66%), en Autriche (62%) et en Grèce (60%).

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… MAIS ÉGALEMENT À L'ORIGINE DES VIANDES

Il était ensuite rappelé aux personnes interrogées que « des règles d'étiquetage obligatoire sur le lieu d'origine existent déjà dans l'UE pour certains types de viande non traitée et préemballée comme le bœuf, la volaille, le porc, le mouton/l'agneau et la chèvre. L'UE envisage de rendre obligatoire cet étiquetage sur le lieu d'origine pour d'autres types de viande, comme par exemple le lapin et le gibier ». Une large majorité d'européens juge également nécessaire de pouvoir identifier l'origine de ces autres types de viandes : 88% sont de cet avis (contre 11%), dont 60% jugent cette traçabilité « tout à fait nécessaire », soit quelques points de plus que pour les plus de deux tiers des personnes interrogées jugent cette possibilité « tout à fait nécessaire » à Malte (80%), à Chypre (78%), en Grèce (76%) en Irlande (70%) et en France (69%). Les européens ayant jugé nécessaire d'avoir des informations sur l'origine des viandes autres que celles pour lesquelles elles existent déjà, mettent en avant d'abord le lieu où l'animal a été élevé (83%), ensuite le lieu où il a été abattu (62%) et enfin le lieu de sa naissance (47%). L'information sur le lieu d'élevage est plus citée que la moyenne en France (93%), en Grèce (92%), en Slovaquie (92%) et en République tchèque (91%). C'est la première réponse donnée dans tous les etats membres. Celle sur le lieu d'abattage est surtout mentionnée au Danemark (75%), en suède (71%), en Allemagne (70%) et en Grèce (70%). L'information sur le lieu de naissance de l'animal est, quant à elle, bien plus citée que la moyenne en Irlande (71%), en Grèce (66%) et en Autriche (61%). Cette attente d'information apparaît bien plus faible dans les pays de l'est de l'Europe : en Bulgarie (25%), en Lituanie (27%), en Lettonie (28%), en Estonie (29%), en Hongrie (29%), mais aussi aux Pays-Bas (27%).

(1) Suite à la réforme de la PAC (novembre 2013), la Commission a voulu interroger à nouveau les citoyens de l'UE au sujet de la PAC et de l'importance qu'ils accordent à l'agriculture dans l'UE. L'enquête a été réalisée entre le 23 novembre et le 2 décembre 2013 dans les 28 Etats membres de l'UE, auprès de 27.919 citoyens, issus de catégories sociales et démographiques variées. Agra Alimentation a focalisé son analyse sur la partie agroalimentaire de l'enquête.