Les négociations agricoles de l'OMC sont dans l'impasse. Selon le directeur général de l'organisation, c'est l'ensemble des pourparlers du cycle de Doha qui est « menacé ».
«M A conclusion, à ce stade, est qu'en l'absence de solution à l'impasse actuelle, il n'y a pas de consensus sur les moyens de faire progresser les travaux », a déploré le 23 septembre, à l'issue d'une réunion du Comité de l'agriculture de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'ambassadeur néo-zélandais, John Adank, qui en assure la présidence. Les négociations restent bloquées du fait du refus de l'Inde d'adopter formellement l'accord sur la facilitation des échanges (simplification des procédures aux frontières) intervenu lors de la Conférence ministérielle de décembre 2013 à Bali, tant qu'une solution permanente n'aura pas été trouvée pour remplacer la décision intérimaire prise parallèlement sur le stockage public des produits agricoles dans les pays en développement (1). Une solution que New Delhi veut obtenir d'ici la fin de cette année, et non en 2017 comme cela avait été envisagé à Bali.
« Nos activités pourraient être paralysées »Lors de la réunion de négociation du Comité de l'agriculture de l'OMC, l'Inde a réitéré ses exigences. Accusée d'être de mauvaise fois, elle a renvoyé l'argument en soulignant que ceux qui la critiquent rejetaient le projet de compromis global sur l'agriculture de décembre 2008, qui est pourtant le seul sur la table aujourd'hui et était lui-même fondé sur un accord cadre atteint en 2004. « Toutes les négociations » sur la libéralisation des échanges « seront menacées si l'impasse actuelle n'est pas résolue », avait averti le 22 septembre le directeur général de l'OMC. Intervenant à Genève devant la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), Roberto Azevêdo avait assuré que, si une issue n'est pas trouvée, « nos activités dans de nombreux domaines pourraient être paralysées, y compris dans ceux qui présentent le plus grand intérêt pour les pays en développement, tels que l'agriculture ». « Toutes les négociations prévues à Bali, comme celle pour trouver une solution permanente pour le stockage public à des fins de sécurité alimentaire, peuvent même ne jamais voir le jour si les membres ne parviennent pas à mettre en œuvre chacune des parties du paquet de Bali, dont l'accord sur la facilitation des échanges », a-t-il averti.
(1) Voir n° 3463 du 22/09/14
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L'OMC a réduit, le 23 septembre, à 3,1 % (contre 4,7% en avril) ses prévisions de croissance du commerce mondial pour 2014, et abaissé de 5,3 % à 4 % son estimation pour 2015. Cette révision est liée à l'atonie de la demande d'importations au premier semestre de 2014.
Les tensions entre l'UE et les États-Unis d'une part et la Russie d'autre part ont déjà abouti à des sanctions commerciales sur certaines denrées, et le nombre de produits affectés pourrait s'accroître si la crise persiste, soulignent les économistes de l'OMC. Le conflit au Moyen-Orient est aussi source d'incertitudes, et pourrait conduire à une flambée des prix du pétrole si la sécurité des approvisionnements est menacée, ajoutent-ils. Enfin, l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola en Afrique de l'Ouest s'avère difficile à contenir, et toute extension de la maladie pourrait provoquer une panique encore plus générale avec des implications majeures pour cette région, et peut-être même au-delà.