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Fruits et légumes Les expéditeurs veulent s’intégrer au nouveau schéma du secteur

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Dans la lignée de leur assemblée générale qui s’est tenue le 29 février à Paris, les expéditeurs de fruits et légumes poursuivent des démarches pour s’intégrer à la nouvelle organisation du secteur. Mais ils doivent pour cela lever des effets pervers de la réglementation, qui entrent en contradiction avec les objectifs de la réforme.

Michel Cadot, le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, recevra toutes les familles professionnelles des fruits et légumes le 27 mars pour déterminer quelle sera la nouvelle organisation du secteur en France, qui découlera, rappelons-le, de la nouvelle OCM. La nouvelle organisation reposera sur les organisations de producteurs (OP) et comprendra des sections interprofessionnelles de première mise en marché, pour que l’amont soit mieux structuré. Cette réunion des familles devrait préciser la place de chacun : producteurs, coopératives, expéditeurs, grossistes, distributeurs.

Quand la réglementation joue contre le secteur

Les expéditeurs voient d’un bon œil leur intégration à ce schéma, indique-t-on à l’Aneefel (Association nationale des expéditeurs-exportateurs de fruits et légumes), une dizaine de jours après son assemblée générale. Mais un problème de réglementation devra impérativement être levé, car il entre en contradiction avec l’objectif même de la réforme, qui est d’inciter les producteurs à se regrouper en OP. En effet, a fait observer Daniel Corbel, président de l’Aneefel lors de l’assemblée générale, suite à la réforme de l’OCM des fruits et légumes, une OP qui ne vendrait pas à son consommateur final ne serait pas reconnue et ne toucherait donc pas les accompagnements prévus. Or, les OP qui vendent aux expéditeurs sont dans ce cas. Cet état de fait risque de décourager les producteurs de se grouper en OP, ce qui est le contraire de l’objectif recherché par Bruxelles. « Nous souhaitons que la réglementation française soit réaménagée », a indiqué Daniel Corbel. Les expéditeurs commercialisant environ 40 % de la production de fruits et légumes en France, selon l’Aneefel, une telle incohérence ferait perdre à nombre d’OP leur reconnaissance par les pouvoirs publics.

Kiosque à légumes

L’assemblée générale de l’Aneefel a relevé d’autres témoignages de cas où la réglementation joue contre les objectifs du secteur. Ainsi, des expéditeurs ont lancé des opérations de distribution de fruits et légumes dans des écoles, mais se sont heurtés à des réticences de directeurs d’établissements pour des raisons administratives. Un expéditeur a regretté devant Jean-Pierre Lebrun, chargé par le ministre de l’Agriculture d’étudier la question des distributions de fruits et légumes dans les écoles, que son entreprise jette une tonne par jour de produits bio, alors que le gouvernement cherche des pistes pour développer la consommation de fruits et légumes chez les jeunes, et que le retrait caritatif fait partie des projets tant français que communautaires.

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Sandrine Choux, directrice de l’UNFD (détaillants), a mentionné un projet de kiosque à fruits et légumes, qui serait mis en place au printemps.

L’Aneefel est en phase avec les producteurs sur les sujets essentiels, comme celui de la promotion des fruits et légumes auprès des consommateurs, de la place des OP dans le nouveau schéma, et de sujets d’actualité comme la crise de la salade. On a ainsi vu des expéditeurs de Châteaurenard accompagner une délégation de maraîchers, venus avec le député Bernard Reynès (Bouches-du-Rhône, UMP), rencontrer Michel Barnier le 7 mars rue de Varenne, sur la crise de la salade.