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Le revenu agricole est en hausse de 18 %, un chiffre qui cache de fortes disparités d’après l’étude récente et compilée de 3 Chambres d’Agricultures
Depuis 2 ans, les chambres d’agricultures de Loire-Atlantique, Maine-et-Loire et Sarthe ainsi que le centre de gestion Accompagnement Stratégie mettent en commun leur données économiques qui rassemblent 3 000 exploitations. Récemment, les économistes ont donc livré le résultat de leur compilation pour 2012. Le revenu agricole par exploitation de ces 3 départements, de 23 522 € par UTA (unité de travail agricole) est en hausse de 18 %. C’est moins bien que les chiffres annoncés nationalement qui indiquaient il y a quelques mois un résultat courant moyen par actif de 36 500 €, chiffre boosté par les céréaliers. Dans le détail, les résultats se rapprochent sensiblement du national. Le revenu bovin viande est ainsi comparable, 16 215 € par UTA. Mais celui des grandes cultures, varie selon le nombre d’hectares. Il oscille entre 33 000 € par UTA pour une surface moyenne de 104 ha à plus de 60 000 € par UTA pour une surface moyenne de 120 ha contre 74 400 pour la moyenne nationale. De fortes disparités se retrouvent aussi entre les exploitations. Le résultat courant s’échelonne de valeurs négatives (11%) à plus de 45 000 € par UTA (15 %). Toutefois, les revenus inférieurs à 15 000 € par UTA continuent de diminuer. Ils représentent 37 % des résultats contre 42 % en 2011. Et les résultats négatifs ont baissé de 2 points. Les tranches supérieures à 30 000 € passent de 26 à 33 %. Hormis pour la volaille, l’endettement est en hausse pour toutes les productions animales, de 2 points en lait et en porcs et 17 points pour le lapin dont l’endettement représente 78 % du capital d’exploitation. L’efficacité économique exprimée en EBE/100 € de produit brut varie de 37 % pour les grandes cultures à 17 % pour l’horticulture et 19 % pour le porc et les volailles de chair. Celle de la viande est en hausse de 4 points (30 %), stable pour les mixtes lait-viandes (33%). En baisse figurent le lait pour 1 point, le porc pour 5 points, le lapin pour 11 points, la viticulture pour 2 points et le maraîchage pour 6 points.
De l’influence des intrants
En bovin viande, le revenu a pratiquement doublé entre 2008 (8 000 €) et aujourd’hui (15 400 €). L’amélioration des marges, indique le rapport, passe par une maîtrise des intrants (+ 30 % depuis 2005 selon l’indice des prix d’achat des moyens des productions agricoles). Filière aussi en progression, les laitiers retrouvent leur niveau de revenu de 2008 (22 479 €) après une chute vertigineuse en 2010 (8 362 €). Face à une conjoncture des plus volatiles, les experts estiment qu’une épargne de précaution équivalente à une année d’annuités est devenue une quasi nécessité pour les laitiers. De même que les stratégies d’achats en concentrés et en engrais deviennent des facteurs de rentabilité économique. Moins chanceux, les producteurs de porcs voient leurs revenus baisser à 29 559 € par UTA avec un prix cadran en hausse de 11 % mais une augmentation des prix des aliments (+4 % chez les naisseurs engraisseurs). Le début de cette année 2013 s’apparente à 2012 pour cette filière. La situation financière des exploitations reste tendue (niveau d’endettement 68 %). Contrairement aux grandes cultures, le résultat courant des semences a chuté (25 000 € par UTA) tout en ayant un EBE/produit brut correct de 32 %. La sole a fort augmenté ces dernières années (13 600 ha en 2012). Arboriculteurs et viticulteurs voient leurs revenus diminuer pour atteindre respectivement 24 800 et 27 500 € par UTA soit une baisse respective de 16 et 26 %. Le tassement du pouvoir d’achat est l’une des raisons pour la viticulture et l’augmentation des charges, une autre pour l’arboriculture.
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