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Grains Les exportateurs argentins rétifs aux ventes « à prix indéterminés »

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Une nouvelle forme de vente de graines s'est développée en Argentine, celle « des prix indéterminés ». Pour réaliser ce type d'opération, les négociants proposent un prix du marché de l'acheteur au lieu des cotations de référence du marché disponible de Buenos Aires. Cela provoquerait une plus grande rétention de la récolte de la part des producteurs.

Les ventes de récolte physique à prix indéterminés jusqu'à une date limite rencontraient un tel succès en Argentine que les acheteurs – stockeur et exportateurs – tentent de les décourager en prenant pour prix de référence non plus les cotations du marché disponible de Buenos Aires, mais un prix formé par chacun d'eux.

Jusqu'à présent, ce type de vente, appelé « conditions à fixer », offre aux producteurs l'avantage de livrer leur récolte tout en ayant la possibilité de choisir ultérieurement la cotation d'un jour donné, ceci jusqu'à une date butoir. Selon le cabinet d'études Novitás, ces opérations ont porté en 2013 sur 6,5 millions de tonnes de soja, soit 13% de la moisson argentine de soja. « L'intérêt du producteur est de se dessaisir de sa récolte, sans s'occuper du transport et du stockage, et de pouvoir encaisser des devises à une date ultérieure de son choix, ce qui est intéressant dans un contexte inflationniste car la valeur des matières premières, exprimée en dollars, ne se déprécie pas autant que la monnaie nationale, explique l'analyste Diego Delapuente. Le producteur trouve son compte dans la commodité de l'opération. De leur côté, les industriels s'assurent un approvisionnement de graines pour faire fonctionner leurs outils. »

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Argumentant que les cotisations de référence ne reflètent pas les prix du marché, les exportateurs tentent de limiter ces ventes à « prix à fixer ». Ils profitent du rapport de force entre l'offre et la demande qui leur est actuellement favorable, avec l'entrée de la nouvelle récolte de soja, prévue volumineuse autour de 54 Mt, pour essayer d'imposer chacun de leur côté un « prix du marché de l'acheteur ». « Cette décision s'est déjà concrétisée dans certains cas. Elle rend le marché bien moins transparent », juge Raúl Dente, de la Fédération argentine des stockeurs de céréales.

Récolte retenue

D'autre part, cette pression exercée sur les producteurs devrait les encourager à conserver la partie de leur récolte invendue face à des prix moins attractifs dans le cadre de ces contrats dits « conditions à fixer ». Ceux-ci indiquant fréquemment les dates limites de 30 septembre ou 30 décembre, il est possible qu'une partie de la récolte de soja soit retenue jusqu'à ces dates.