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EMBARGO RUSSE/BILAN Les exportateurs européens auraient plus que compensé leurs pertes

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Si les exportations de produits agroalimentaires européens sur le marché russe depuis douze mois auraient diminué en valeur de 4,8 milliards d'euros, en revanche elles auraient augmenté de 6,8 milliards d'euros vers d'autres destinations majeures comme le Chine, certains pays arabes ou encore les Etats-Unis. C'est en tout cas ce que révèle la dernière analyse statistique de la Commission européenne sur l'impact de l'embargo russe sur les exportations agroalimentaires de l'Union.

Plus de douze mois après l'entrée en vigueur de l'embargo russe en août 2014, le secteur agro-alimentaire de l'UE aurait réussi à compenser les pertes de son chiffre d'affaires à l'exportation vers la Russie, par l'augmentation des exportations vers d'autres destinations principales et des marchés alternatifs. Si l'on en croit les auteurs de la dernière analyse statistique de la Commission européenne, le total des exportations agroalimentaires de l'UE vers la Russie entre août 2014 et juillet 2015 auraient chuté de 11 milliards d'euros à 6,3 milliards (-43%). En revanche, les exportations communautaires vers les pays tiers auraient augmenté en valeur de 5,7 % sur cette même période (août 2014-juillet 2015). Après une performance très positive au cours de la première moitié de l'année 2015, avec un mois record en mars (près de 12 milliards d'euros), la seconde moitié aurait, elle aussi, commencé avec une tendance positive : en juillet 2015 les exporta-tions de l'UE auraient enregistré une augmentation de 8% par rapport à juillet 2014, passant respectivement de 10,355 milliards d'euros à 11,211 milliards d'euros (voir tableau ci-joint sur les exportations de l'UE de produits agroalimentaires vers les pays extra-européens entre août 2014 et juillet 2015). Des gains importants dans la valeur des exportations ont été réalisés sur les marchés des États-Unis (+ 16%), de la Chine (+ 33%), de la Suisse (+ 5%) et dans un certain nombre de marchés clés de l'Asie, comme Hong Kong (19%) et la République de Corée (+ 29%). Les exportateurs européens ont accru leurs exportations également sur certains marchés des pays arabes : Arabie Saoudite (+ 10%), Emirats Arabes Unis (+ 14%) et Egypte (+ 26%).

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Dans leur analyse des produits agroalimentaires les plus touchés par l'embargo russe, les auteurs de l'évaluation affirment que ce sont surtout les exportations communautaires de lait entier en poudre (-100% en valeur), le lait écrémé en poudre (-100%), le beurre ( - 99%) et les fromages (-97%) qui ont le plus souffert. Viennent ensuite les exportations de viande de porc (-95%), de fruits et légumes (-89%), de viande volaille (-67%) et de viande bovine (-57%). En ce qui concerne les exportations communautaires vers les pays tiers, la valeur des exportations de viande bovine et de volaille aurait augmenté de 23 % et de 5 % respectivement tandis que la valeur des exportations de viande porcine serait restée pratiquement au même niveau que l'année 2014 (5,75 milliards d'euros en juillet 2015, contre 5,73 milliards d'euros en août 2014). Pour ce qui est des exportations de produits laitiers de l'UE vers les pays tiers, les auteurs de l'analyse affirment que si la valeur des exportations de beurre a entièrement gommé les difficultés initiales et aurait augmenté de 3 % en raison d'un accroissement sur les marchés du Moyen-Orient, en revanche, pour les exportations de fromage, le lait écrémé en poudres et le lait entier en poudre, les valeur sont restées à la traîne: -14%, - 10%, - 24% respectivement. Pour ce qui est des fruits et légumes, la valeur des exportations aurait quant à elle enregistré un recul de 12% par rapport à la période précédente. 

JUSQU'À L'ÉTÉ 2016...

C'est le 7 août 2014 que la Russie a décidé une interdiction d'importation de certains produits agricoles originaires des États-Unis, de l'UE, du Canada, de l'Australie et de la Norvège. Les viandes de bœuf, de porc et de volaille, des produits laitiers et des fruits et légumes étaient les catégories ciblées. Le 25 juillet 2015, la Russie a « remis le couvert » en annonçant l'extension pour une année supplémentaire de l'embargo à l'importation de produits agroalimentaires des pays occidentaux cités (jusqu'en août 2016). En outre, l'interdiction a été étendue à quatre autres pays: l'Islande, le Liechtenstein, l'Albanie et le Monténégro.