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Céréales Les exportations de blé européen vers les pays tiers se portent bien

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La France comme le reste de l’Union européenne enregistre de bonnes ventes depuis le début de campagne à destination des pays tiers. Certains pays du Moyen-Orient reviennent aux achats. Malgré tout, l’Hexagone devrait terminer la campagne avec un stock de report élevé en blé.

La France exporte. « Le rythme des exportations vers les pays tiers reste soutenu, l’objectif de 9,5 Mt d’exportations de blé fixé en février reste d’actualité », a souligné Rémi Haquin, président de l’OniGC (Office national interprofessionnel des grandes cultures), le 11 mars, en conférence de presse à Montreuil. La tendance est générale pour l’ensemble des pays européens. Depuis le début de campagne, Bruxelles a attribué 14,9 Mt de certificats à l’export, « un record », a signalé Michel Ferret, chef des marchés de l’office.

Les pays d’Europe de l’Est sur les rangs

A elle seule, la France a tiré 5 Mt de certificats, auxquels viennent s’ajouter des exécutions réalisées au départ de l’Hexagone mais à partir des portefeuilles allemands et néérlandais. Des licences équivalant à 4 Mt d’exportations ont été délivrées à l’Allemagne, dont 2 Mt seulement auraient été exportées à partir de ses ports, par exemple. L’Europe de l’Est se montre également très dynamique. La Bulgarie et la Roumanie ont tiré pour 1,7 Mt de certificats, tandis que les pays baltes en totalisent 800 000 tonnes. Les ventes concernent le Moyen-Orient. La Lituanie aurait par exemple contribué à fournir des volumes à l’Iran, qui a acheté récemment 500 000 tonnes de blé à 12,5 % de protéines, pour l’essentiel d’origine allemande mais pas uniquement. Les exportations partent également vers des destinations plus lointaines. La Bulgarie vient par exemple de charger du blé pour l’Indonésie.

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L’Arabie saoudite et l’Iran reviennent aux achats

Globalement, les pays du Moyen-Orient importent d’importants volumes sur cette campagne. « L’Iran est réapparu de façon surprenante aux achats en 2008/2009 », a souligné Michel Ferret. Selon les dernières statistiques du CIC (Conseil international des céréales) parues fin février, le pays importerait finalement 5,3 Mt de blé contre 4,3 Mt prévues fin janvier… contre 100 000 tonnes en 2007/2008 ou 300 000 tonnes en 2006/2007. Au 31 décembre, l’Europe lui avait déjà vendu 700 000 tonnes de blé, le Kazakhstan devant s’arroger une part substantielle de ce débouché. Naguère exportatrice nette de blé, l’Arabie saoudite est également très demandeuse de céréales. C’est une tendance de fond à laquelle le marché international se préparait, mais pas si vite. « Les importations de l’Arabie saoudite atteignent déjà l’objectif qu’on lui assignait » à moyenne échéance et qui était de 1 Mt, a expliqué Michel Ferret. L’une des raisons de ce retournement de situation : le pays n’aurait plus assez de ressources en eau pour assurer une production efficace.

Des stocks qui restent lourds

Quel que soit le dynamisme des débouchés à l’export vers les pays tiers, la France devrait malgré tout se retrouver avec un stock de report important en fin de campagne 2008/2009. En blé, les débouchés vers l’Europe ne sont pas aussi porteurs que prévus. L’OniGC vient de revoir ses prévisions à la baisse, à 6,4 Mt soit 100 000 tonnes de moins qu’à la mi-février. La crise économique pourrait également réduire les utilisations intérieures, en particulier les besoins des fabricants du bétail.