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Vins & Spiritueux Les exportations en 2010 effacent à 85% la chute de 2009

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Sortie de crise pour le secteur des vins et spiritueux français… Les exportations sont reparties en 2010 ce qui, selon la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France de France (FEVS), reflète la reprise générale de l’activité économique mondiale mais aussi le dynamisme de l’Asie. Avec 7,9 milliards de solde positif, le secteur affiche le deuxième excédent de la balance commerciale de la France, après l’aéronautique et devant la chimie/parfumerie.

2010 demeurera comme l’année de la reprise des vins et spiritueux français dans le monde, qui aura presque fait oublier les deux années de crise précédentes. Tant en volume qu’en valeur, et pour l’ensemble des catégories, les exportations françaises ont enregistré un rebond significatif. Plus de 2,3 milliards de bouteilles ont été vendues en 2010 dans plus de 190 pays, pour une valeur totale de 9,09 milliards d’euros, en progression de 18,3% par rapport à l’annus horribilis 2009 lorsque les exportations avaient chuté de près de 17%, à 7,7 milliards d’euros. C’est la troisième meilleure performance historique après le record de 2007, à 9,34 milliards d’euros, et celui de 2008 (9,31 milliards). En outre, s’est réjoui Claude de Jouvencel, président de la FEVS, avec un excédent de 7,9 milliards d’euros (+21,5%) les vins et spiritueux redeviennent la deuxième balance commerciale positive après l’aéronautique et devant la chimie/parfumerie. Ces 2,3% du total des exportations françaises tous secteurs confondus (17% du total de l’excédent) « représentent 137 airbus supplémentaires vendus » a commenté sous forme d’allégorie Claude de Jouvencel.

L’Asie comme fer de lance...
Satisfecit donc, mais prudence… car si sortie de crise il y a, elle se produit à des niveaux très différents selon les zones géographiques. Les marchés asiatiques sont restés très dynamiques alors que les marchés traditionnels connaissent une récupération plus progressive. Ainsi, les trois principaux marchés asiatiques continuent de tirer la croissance à un rythme plus que soutenu. Vers Hong Kong, où la filière a été fiscalement favorisée par une taxe zéro, les exportations ont affiché une croissance de 89,6% à plus de 370,5 millions d’euros, vers la Chine (564,8 millions de valeur export) de 78,8% et vers Singapour (544,9 millions d’euros) de 37,9%. L’empire du Milieu est désormais dans le « top 5 » des pays importateurs. Pour leur part, les Etats-Unis, qui avec une commercialisation de 1,6 milliard d’euros restent la première destination, affiche une forte progression de 25%. Un marché qui, souligne la FEVS, « a montré un fort dynamisme sur les produits premium repartis à la hausse, en particulier en cognac et champagne ».

… l’UE à la traîne
En revanche, le Royaume-Uni et l’Allemagne, deuxième et troisième marchés pour les vins et spiritueux français, ont connu une croissance faible pour le premier (+7,5%, à près de 1,3 milliard d’euros) et encore plus petite pour le second (+5,4%, à 789,3 millions). L’ancien pays d’Albion reste assez loin de son niveau d’avant crise (1,5 milliard d’euros). Un « phénomène accentué par la concurrence vive sur ce marché très ouvert », souligne la FEVS.
Précisons que l’Allemagne reste le premier marché en volume (18% du total monde et près de 27 millions d’équivalent de caisses de 12 bouteilles, soit 9 litres), ce qui confirme que c’est un marché de premier prix.
Ajoutons que les dix premières zones : Etats-Unis (17,3% du total monde), Royaume-Uni (14,2%), Allemagne (8,6%), Belgique (6,5%), Chine (6,2%), Singapour (6%) suivis du Japon, de Hong Kong, des Pays-Bas et du Canada font 75% des ventes. Globalement, l’équilibre des exportations s’est modifié, l’UE ne représente en effet plus que 44% des exportations.
Toutes régions confondues, les exportations de vins progressent de 6,4% en volume, avec 144,37 millions de caisses, soit 13 millions d’hl, et de 14,6% en valeur, à 6,2 milliards d’euros. Les vins de pays/IGP représentent 34% du total en volume et 12,4% en valeur (748 millions d’euros) et les vins sans IG respectivement 18% et 5,4% (325 millions d’euros). Confondus, leur progression a atteint en valeur 11,4% l’an dernier. Côté spiritueux, 51,4 millions de caisses ont pris la destination de l’étranger (+13,3% par rapport à 2009) pour 2,86 milliards d’euros (+27,4%). Des spiritueux qui ont contribué pour 600 millions d’euros à la progression des exportations.

Les marques à valeur ajoutée gagnantes
Pour Claude de Jouvencel, les produits qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu sont ceux qui ont investi depuis des années pour devenir des marques et ont une forte valeur ajoutée… « C’est clair pour le champagne, le cognac et le bordeaux », positionnés sur le haut de gamme. En tête, le champagne a vu ses ventes repartir (+22%, à 1,9 milliard d’euros) après une année 2009 en recul de 28%. La poussée des exportations a été particulièrement forte hors de la zone euro où les taux de change ont été moins défavorables qu’en 2009 et 2008. Les cuvées de prestige et les millésimés en ont tiré profit. D’une année sur l’autre le cognac a, lui, gagné près du tiers de son chiffre d’affaires, à 1,8 milliard d’euros, refaisant ainsi plus que le chemin perdu en 2009 (-15,6%). Un niveau de ventes historique pour la FEVS qui représente 65% des ventes de spiritueux. Autre spiritueux en vedette, la vodka française (+18% en volume, +40% en valeur), sur une niche haut de gamme, confirme l’engouement international pour cette catégorie, essentiellement aux Etats-Unis.

Belles performances des bordeaux et bourgognes AOC
Enfin, les vins AOC / AOP de Bordeaux et de Bourgogne ne sont pas en reste avec des ventes en 2010 de respectivement 1,5 milliard d’euros (+17%) et 553,9 millions (+27,3%). Soulignons que 85% des vins français qui coulent en Chine sont des bordeaux. La FEVS met aussi en avant la bonne performance des côtes de Provence (+20%) « dopés par le succès du rosé ». En revanche, petite déception pour le beaujolais qui, malgré un grand millésime 2009, a vendu 2% de moins de vins en volume en 2010 (3,288 millions de caisses) et dont le chiffre d’affaires à l’export avance de 3,6% seulement à 113,4 millions d’euros.
Si les vins du Val de Loire affichent une progression honorable (+11,2% en volume, avec près de 4,13 millions de caisses, + 9,9% en valeur à 170 millions d’euros), les côtes du Rhône font du surplace en volume et en valeur (+0,3%, avec 6,68 millions de caisses, et +1,2%, à 256,73 millions d’euros). Idem pour les vins du Languedoc Roussillon, qui baissent même en volume de 5% avec près de 5,79 millions de caisses, mais progressent symboliquement en valeur (+1%, à 125 millions d’euros). Enfin, avec 8% de caisses supplémentaires (2,6 millions) et des ventes en progression de 8,7% à plus de 99,3 millions d’euros, l’Alsace s’en sort bien. Soulignons aussi la progression fulgurante en volume des vins pétillants (+418%, à près de 220 000 caisses). Un petit marché certes de 5,39 millions d’euros seulement, comparé au champagne, mais qui s’est révélé avec la crise et s’installe aujourd’hui.
Pour ce qui est des perspectives l’optimisme règne : « Si on reste au périmètre d’aujourd’hui, sans crise et sans catastrophe sur les changes, on devrait enregistrer une progression de 5 à 7% des exportations de vins et spiritueux en 2011 », déclare le président de la FEVS. Les records 2007 et 2008 pourraient ainsi dès cette année tomber. Enfin, l’Inde, avec ses 200 millions de caisses, est en ligne de mire des producteurs exportateurs français.

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