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Marché des céréales Les exportations françaises de blé tendre et de maïs se tassent

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Le point mensuel de FranceAgriMer, suivant le conseil spécialisé des céréales du 9 janvier, a révélé une baisse des estimations d’exportations françaises de blé tendre et de maïs, permettant de détendre les stocks de fin de campagne. En revanche, les débouchés en blé dur et en orge sont plus ouverts. Enfin, l’annonce de mesures de financement pour soutenir la qualité sanitaire des céréales a fait débat.

Les stocks de report français en blé tendre sont attendus en hausse en fin de campagne à 2,293 millions de tonnes (Mt), contre 1,961 (Mt) estimé un mois plus tôt. « Un niveau de stock plus normal », selon Xavier Rousselin, responsable de l’unité marchés des grandes cultures chez FranceAgriMer. Cette situation s’explique par une baisse des utilisations de blé tendre, notamment en alimentation animale où 200 000 tonnes (t) de blé dur de « qualités hétérogènes » devraient être incorporées. « La richesse en protéines du blé dur est bien valorisée en alimentation animale lorsque les cours du soja sont élevés », a expliqué Xavier Rousselin. Aussi, les expéditions de blé tendre vers l’Union européenne (UE) devraient baisser avec l’ouverture d’un contingent d’importation à droit réduit de blé « basse et moyenne qualité ».

Concurrence américaine sur le blé tendre

En revanche, le niveau des exportations de blé tendre français vers pays tiers est maintenu à 10 Mt, avec 4,8 Mt exportées à ce jour, contre 5,1 Mt à la même époque il y a un an. « L’origine américaine est la seule concurrente des blés français aujourd’hui », d’après Xavier Rousselin. Vers les pays tiers, les espoirs de placement de blé français sur l’Egypte s’érodent, « en raison de difficultés de financement pour le Gasc (office public d’achat des céréales) » et « de blés américains qui sont à ce jour les moins chers du monde, même moins cher que les blés indiens ». De bons stocks américains de blé SRW (soft red winter), des déceptions à l’exportation, la liquidation traditionnelle des positions des fonds indiciels sur les marchés à terme à la fin décembre, des coûts de fret bas et un rapport euro/dollar favorisant les exportations en dollars, participent à la compétitivité des blés en provenance des États-Unis.

Des stocks de maïs plus lourds que prévus

Les estimations des stocks de fin de campagne en maïs atteignent désormais les 2,767 Mt, contre 2,168 Mt un mois plus tôt. « La collecte de maïs en France est prévue en hausse de 200 000 t à 13,78 Mt, les agriculteurs alimentent le marché », expliquait Xavier Rousselin. Cependant, les utilisations intérieures sont stables à 7,222 Mt, et les débouchés vers l’UE baissent de 355 000 t à 5,795 Mt. Le débouché européen souffre de la concurrence des maïs importés du Brésil, de l’Argentine et de l’Ukraine. Pour l’instant les exportations vers pays tiers sont stables à 400 000 t, mais ce chiffre pourrait varier d’ici la fin de campagne en fonction des décisions d’importation de maïs « non OGM » de la part de la Corée du sud ou du Japon. Les ressources du bilan français en maïs sont aujourd’hui supérieures aux utilisations, notamment en raison d’une concurrence de l’orge, plus compétitif à destination de l’alimentation du bétail.

Des débouchés pour le blé dur et l’orge

Si les débouchés des blés durs français à l’export sur l’UE progressent de 50 000 t, à 750 000 t, principalement à destination de l’alimentation animale, les débouchés pays tiers se replient de 25 000 t, à 500 000 t. « La qualité moyenne des récoltes de blé dur en France fait perdre des débouchés », principalement en semoulerie, a souligné Xavier Rousselin. Pour l’orge, les débouchés vers l’UE se replient de 135 000 t, à 3,86 Mt, mais ils progressent de 250 000 t vers les pays tiers, à 1,45 Mt. Cette reprise des expéditions vers les pays tiers s’expliquerait par des déconvenues sur les quantités et qualités d’orges disponibles en Argentine. Des conditions climatiques difficiles lors du remplissage des grains et de la récolte expliquent cette situation. Selon Xavier Rousselin, l’Arabie saoudite a annulé des importations d’orges depuis l’Argentine en raison de la faible qualité et se tournerait davantage vers la France pour satisfaire ses besoins à l’importation. Le stock de report français de fin de campagne en orge reste confortable, estimé à 1,737 Mt, contre 0,96 Mt fin 2011-2012. « On a un potentiel d’exportation de 700 000 t d’orges supplémentaires vers pays tiers », a enfin indiqué Xavier Rousselin.

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