Globalement, les exportations françaises de vin ont progressé de 8,2 % en valeur et perdu 8,8 % en volume au cours du premier semestre de 2008 par rapport au premier semestre 2007. Les ventes de spiritueux qui avaient fortement progressé en valeur et en volume en 2007, chutent en valeur de -6%.
La situation est contrastée sur le front des exportations de vins et spiritueux. Selon Ubifrance, les exportations françaises de vin ont progressé de 8,2 % en volume mais elles ont perdu 8,8 % en valeur au cours du premier semestre de 2008 par rapport à la même période de 2007. Le détail par produit, tel qu’analysé par Ubifrance, n’est évidemment pas homogène. Après plusieurs années de fortes hausses, le cham-pagne consolide ses très bons résultats avec une très légère baisse. Les mois de mai et juin ont été particulièrement calmes mais cette période n’est jamais la plus active pour ce produit festif. Par contre, les Crémants de Loire, d’Alsace et Saumur ont été très dynamiques.
La perte de 260.000 hectolitres de vrac sur la Russie en remplacement des vins moldaves a été un coup prévisible mais dur pour les vins de table, poursuivent les spécialistes d’Ubifrance. La Russie nous aura néanmoins permis un écoulement volumique particulièrement salutaire l’année dernière. Cette perte explique 40 % de la diminution de nos exportations totales de vin.
Vins de pays : préoccupant
Les vins de pays sont également dans une situation préoccupante. Déjà en 2007 les indicateurs étaient à l’orange. Sur un semestre, c’est près de 300.000 hectolitres qui n’ont pas été expédiés, principalement sur le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’Allemagne, trois pays en principe demandeurs de ce type de vin. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont plus les AOC qui sont responsables de nos déboires à l’export. Les vins de pays et notamment les vins de cépages, qui ont été un véritable moteur pour nos exportations sont aujourd’hui en panne. Plus inquiétant, les plus grandes difficultés sont rencontrées sur les marchés anglo-saxons, marchés de prédilection pour les cépages. Il est vrai que les problèmes actuels de parité de monnaies touchent particulièrement ces marchés et affectent prioritairement les vins positionnés dans un créneau hautement concurrentiel.
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Grâce aux grands Bordeaux
Finalement, dans ce contexte assez particulier, les vins tranquilles AOC ne s’en sortent pas si mal : - 1 % en volume et + 18 % en valeur. Il est vrai que Bordeaux, et tout particulièrement les grands crus du millésime 2005 (très valorisé) réalisent la totalité de la progression en valeur. Cependant, les autres vignobles résistent plutôt bien comme le val de Loire, les côtes du Rhône ou le Cahors.
Sur le marché test qu’est le Royaume-Uni, face à la débâcle des vins australiens (- 10 % en volume ; -12 % en valeur), ce sont nos expéditions de VQPRD tranquilles qui nous ont permis de regagner 1 point de part de marché à 22,4 % contre 17,8 % pour les australiens.
Pour la Fédération des exportateurs (FEVS), le ralentissement observé au premier semestre contraste avec les « deux années exceptionnelles » qui avaient précédé et s’explique par une situation économique mondiale « au ralenti et par la force pénalisante de l’euro ». Côté spiritueux, qui totalisent 1,16 milliard d’euros d’exportations, la perte de vitesse est notable sur ce semestre (-3,5 % et -6,4 % en valeur). Après des années de forte croissance, le cognac régresse en volume comme en valeur et les liqueurs également, et de façon plus marquée encore.