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Engrais azotés Les fabricants d’engrais suspendent la production d’ammoniac en France

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En raison de la hausse du prix du pétrole et d’une forte demande en gaz, les prix européens du gaz naturel s’envolent. Les fabricants d’engrais azotés ont préféré arrêter temporairement d’importer du gaz naturel et acheter directement de l’ammoniac, moins cher, sur le marché mondial. Une décision prise dans un contexte tendu pour le prix du gaz. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine, qui s’est finalement terminé sur un accord, témoignait de cette tension sans devoir pour autant avoir des conséquences à court terme.

C’est une première : les deux principaux producteurs d’engrais azotés en France ont décidé, fin décembre, de suspendre une partie de leur production d’ammoniac sur le territoire français. Grande Paroisse a ainsi décidé d’arrêter la production d’ammoniac pendant deux mois dans son usine de Rouen, tout en la maintenant à Grandpuits (77). Yara France (ex-Hydro Agri France) a fait de même pour trois mois sur son site du Havre. « Cette décision est motivée par un contexte où les prix du gaz sur le marché spot européen sont à des niveaux très élevés », explique un communiqué de Grande Paroisse. En Grande-Bretagne, deux fabricants d’engrais ont d’ailleurs pris la même décision.

Tarifs préférentiels

Les fabricants d’engrais azotés vont donc s’approvisionner directement en ammoniac sur le marché libre, afin de fabriquer de l’ammonitrate. « Le prix de l’ammoniac sur le marché mondial augmente moins vite que celui du gaz naturel car le marché de l’ammoniac est en lien direct avec le marché du gaz naturel russe, dont certains pays bénéficient de tarifs préférentiels », explique Jean-Luc Pradal, directeur commercial de Grande-Paroisse. La société a annoncé qu’elle avait arrêté la production d’urée et de solution azotée dans son usine de Oissel, mais elle précise qu’elle continuera à honorer ses engagements auprès de ses clients.

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Ces décisions sont prises dans un contexte difficile pour les acheteurs de gaz. Les tensions sur le marché du gaz naturel, illustrées par le conflit temporaire Russie-Ukraine, ne peuvent qu’accentuer la hausse du prix des engrais azotés, qui a déjà augmenté de 35% en deux ans. C’est le deuxième intrant, après le carburant, qui a connu la plus forte hausse sur cette période. L’Unifa, union nationale des industriels de la fertilisation agricole, se montre pourtant sereine en considérant que le prix du gaz a atteint un palier et devrait se stabiliser.