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Sommet de l’élevage Les facteurs de succès des élevages allaitants

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Lors du Sommet de l’élevage qui se tenait à Clermont-Ferrand du 2 au 5 octobre, les experts sont revenus sur les disparités économiques et financières entre les exploitations de bovins allaitants du Massif Central.

L’année « 2012 a été la meilleure année depuis quatre ans », a déclaré Bastien Bernard, conseiller au CER (Centre d’économie rurale) pour la filière viande bovine dans le Massif central. Les cours soutenus des broutards ont permis de compenser la hausse des intrants. La tendance est notamment liée à une pénurie de l’offre en animaux sur le marché national. Néanmoins, il précise que tous les élevages ne sont pas logés à la même enseigne. 51% des élevages allaitants du Massif central ont une situation économique viable et une situation financière saine. Oui, mais « 41% des entreprises présentent des difficultés de fonctionnement malgré une conjoncture favorable », poursuit-il. Parmi elles, 19% ont une situation financière favorable, mais leur point faible réside « dans leur capacité à dégager un revenu suffisant pour rémunérer leur travail et rentabiliser l’atelier ». Pour les 22% autres, les difficultés sont tant économiques que financières.
« Ces entreprises restent caractérisées par la lourdeur des capitaux engagés, qui devient une difficulté économique et une difficulté financière au moment de la transmission ».
Pour faire face à ces questions, le CER France a identifié trois facteurs clés de la réussite. En premier lieu, les économistes ont constaté que les entreprises les plus saines valorisent avec « une unité de main d’œuvre 10 vaches et 17 hectares de plus que les exploitations les plus fragiles ». En second lieu, la stratégie de valorisation des produits est déterminante pour la santé économique et financière des fermes d’élevage. « Le prix de vente des animaux est 6% plus élevé chez les entreprises en bonne santé », explique Bastien Bernard. Enfin, la gestion de l’endettement permet d’expliquer en partie la bonne santé ou non de la situation financière des élevages. « 50% des exploitations allaitantes ont des annuités qui consomment plus de 50% de l’excédent brut d’exploitation », constate-t-il. Dans un contexte où la conjoncture est soumise à de nombreux aléas (climatiques, politiques, économiques), les économistes rappellent que les éleveurs ont tout intérêt à jouer sur la technicité et la productivité. D’autant que pour l’année 2013, le CER est plutôt mitigée pour la filière viande bovine du Massif Central : « On verra disparaître dans les résultats les effets de la sécheresse 2011. Le niveau des charges devrait tendre à la baisse par rapport à 2012 ». Parallèlement, le prix des broutards devrait se replier.

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