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Encéphalopathies spongiformes transmissibles Les farines animales pourraient revenir dans l’alimentation des non-ruminants

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Travailler pour la réintroduction des protéines animales transformées issues de non-ruminants dans l’alimentation des non-ruminants, en évitant le cannibalisme (recyclage au sein d’une même espèce) : tel est l’objectif d’une plate-forme créée par plusieurs organisations européennes représentant les différents maillons de la chaîne alimentaire, des agriculteurs à l’industrie, y compris les équarrisseurs et les abattoirs. Ces opérateurs font valoir que l’interdiction des farines animales dans l’alimentation des porcs, de la volaille et des poissons d’élevage, liée au risque d’encéphalopathie spongiforme transmissible (EST), leur a fait subir au niveau communautaire une perte de 173 millions d’euros.

Dans une lettre adressées aux commissaires européens chargés de l’agriculture, Dacian Ciolos, du commerce, Karel De Gucht, de l’industrie, Antonio Tajani, et de la santé, John Dalli, les associations européennes de la transformation et du commerce de la volaille (Avec), de la transformation de la viande (Clitravi), de l’agriculture (Copa-Coegeca), de la transformation des graisses et de l’équarrissage (Efpra), des aliments composés pour animaux (Fefac) ainsi que du bétail et de la viande (UECBV) soulignent que l’interdiction des farines animales a eu un impact économique significatif sur les secteurs du porc et de la volaille. Et ce alors que ceux-ci « opèrent avec des marges très étroites et doivent faire face à de fortes contraintes dues à la législation sur l’environnement, le bien-être animal et la santé ».
Dans l’UE, les secteurs de la viande et des aliments pour animaux dans leur ensemble ont dû supporter des augmentations de leurs coûts de production qui ont eu des effets négatifs sur leur compétitivité internationale, notamment vis-à-vis de pays tels que le Brésil, l’Argentine et les Etats-Unis, où l’utilisation des protéines animales est autorisée, relèvent également les membres de la plate-forme.

Risque « négligeable »
Enfin, ceux-ci notent, dans leur lettre, que les avis scientifiques et ceux des parties prenantes semblent être favorables à la réintroduction des protéines animales transformées dans l’alimentation des non-ruminants, en évitant le cannibalisme. Ils soulignent que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) « juge le risque négligeable » et que, « jusqu’à aujourd’hui, aucun test scientifique n’a fait apparaître de développement d’encéphalopathies spongiformes transmissibles chez les porcs, les volailles ou les poissons ».
La Commission européenne pourrait effectivement revenir progressivement sur l’interdiction des farines animales. Mais elle souhaite disposer de toutes les garanties quant à l’absence de cannibalisme au sein de la chaîne alimentaire. Bruxelles devrait ainsi, dans un premier temps, proposer l’autorisation des farines pour l’aquaculture. Puis, peut-être dès la fin du printemps 2010, lorsque certains tests ADN seront disponibles, écartant tout usage inapproprié, rouvrir les portes des élevages de porc et de poulet à ces aliments (1).

(1) Voir n° 3240 du 22/02/10

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