Pas moins de 2 000 personnes étaient attendues les 24 et 25 juillet dans la petite ville de Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne) pour la première assemblée générale d’une organisation un peu particulière, le « collectif des faucheurs volontaires » d’OGM en plein champ. Né à l’initiative de José Bové lors du rassemblement du Larzac il y a tout juste un an, ce collectif entend œuvrer au grand jour, et prôner la désobéissance civile pour s’opposer à la mise en place d’essais de même qu’à la levée du moratoire sur les OGM. Son principal animateur, José Bové, s’explique sur ses objectifs.
Combien de personnes attendez vous à cette assemblée générale des faucheurs volontaires d’OGM ?
C’est difficile à dire mais on devrait être au moins 2 000 personnes. Quand nous avons lancé notre appel, 2 700 personnes de toute la France s’étaient engagées à participer à une opération de fauchage d’OGM au grand jour. Ce qui est sûr, c’est que tous viendront de manière déterminée pour agir au grand jour.
Quel est l’objectif de cette assemblée générale ?
Le mouvement a été initié au moment de notre rassemblement du Larzac il y a un an. Aujourd’hui, l’objectif est de faire le point sur les dernières évolutions concernant ce dossier. Nous le ferons en présence de représentants politiques ayant pris position contre la culture d’OGM, notamment des membres de conseils municipaux ayant adopté des arrêtés anti-OGM, des conseils régionaux, de l’Assemblée nationale ou du parlement européen. La totalité des partis de gauche sera sans doute représentée. Il faut bien constater que malgré ces initiatives démocratiques anti-OGM, Paris et Bruxelles exercent toujours un rouleau compresseur en faveur de cette culture. On assiste aussi à un manque de courage politique des gouvernements qui disent oui aux OGM alors que 80% de la population est contre.
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Les élections régionales et la prise de position anti-OGM de plusieurs conseils régionaux ont-elles changé quelque chose ?
Malheureusement, le fait que les conseils régionaux prononcent des vœux d’opposition à cette culture ne change rien, juridiquement, sur le terrain. A tel point que c’est dans une région qui s’est déclarée contre, le Midi-Pyrénées, que le nombre d’essais est le plus élevé.
Vous adoptiez naguère des méthodes plus clandestines alors qu’aujourd’hui vous préparez ces fauchages de manière publique. Pourquoi cette différence ?
A l’époque, il s’agissait surtout d’alerter le public et le mouvement n’était constitué que d’agriculteurs. Aujourd’hui, nous rassemblons des hommes et des femmes qui viennent de tous les horizons. Malgré cela, le gouvernement s’entête. Alors, en tant que citoyen, nous allons désobéir. C’est un choix responsable malgré le risque encouru par chacun. Mais c’est pour la défense d’un environnement non pollué par les OGM.